Poésies Cécile Sauvage

L'âme en bourgeon

Enfant, pâle embryon, toi qui dors dans les eaux
Comme un petit dieu mort dans un cercueil de verre.
Tu goûtes maintenant l’existence légère
Du poisson qui somnole au-dessous des roseaux.
Tu vis comme la plante, et ton inconscience
Est un lis entr’ouvert qui n’a que sa candeur
Et qui ne sait pas même à quelle profondeur
Dans le sein de la terre il puise sa substance.
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Le vallon

Pourquoi crains-tu, fille farouche
De me voir nue entre les fleurs ?
Mets une rose sur ta bouche
Et ris avec moins de rougeur.
Ne sais-tu pas comme ta robe
Est transparente autour de toi
Et que d’un clair regard je vois
Ta sveltesse qui se dérobe ?
Triste fantôme de pudeur,
Que n’es-tu nue avec la fleur
D’un lis blanc dans ta chevelure,
Un doigt sur ta mamelle pure.

Le vallon
Cécile Sauvage

Ô Beauté nue,
Les oiseaux volent dans le calme
Où la digitale remue,
Où la fougère aux fines palmes
Est encor d’un vert tendre au pied de l’aulne obscur.
Une molle buée enveloppe l’azur,
Allège les lointains, les arbres, les maisons,
Noie à demi la ferme et le dormant gazon
Et fait de la montagne une ombre aux lignes pures.
Pas un souffle, pas un soupir, pas un murmure,
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Ma tête, penche-toi sur l’eau blanche et dénoue
Dedans tes longs cheveux et que l’eau passe et joue
Au travers, les emporte au mouvement des vagues
Dans le sommeil flottant et végétal de l’algue.
Que le glissement calme et murmurant de l’eau
Entraîne hors de ton front cet impalpable flot
De pensée et de rêve avec tes longues tresses
Qui mêlent au courant leur fuyante souplesse.

Le vallon
Cécile Sauvage

Beauté, dans ce vallon étends-toi blanche et nue
Et que ta chevelure alentour répandue
S’allonge sur la mousse en onduleux rameaux ;
Que l’immatérielle et pure voix de l’eau,
Mêlée au bruit léger de la brise qui pleure,
Module doucement ta plainte intérieure.
Une souple lumière à travers les bouleaux
Veloute ta blancheur d’une ombre claire et molle ;
Grêle, un rameau retombe et touche ton épaule
Dans le fin mouvement des arbres où l’oiseau
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Fumées

Pointent les formes légères
Du Rêve. Entre les bourgeons
Et du milieu des fougères
Émergent des fronts songeurs
Dans leurs molles chevelures,
Et des mamelles plus pures
Que le calice des fleurs.

Fumées
Cécile Sauvage

Une hirondelle s’envole.
Ah ! comme le jour doré
Pèse peu sur mes épaules ;
Comme il pâlit et se fond
Dans la brume de la lune
Et m’entraîne et me confond
Avec la ramure brune.

Fumées
Cécile Sauvage

Trotte sous les branches douces.
L’air rose entoure le char
Et le vent le pousse.

Fumées
Cécile Sauvage

S’allonger la treille
Et parmi l’azur
Flotter les abeilles.
M’habituai-je, cependant,
À voir la lune pâle et ronde
Sortir de la courbe du monde,
S’élever dans l’air en glissant
Et s’effacer à l’aurore,
Plus lente et plus pâle encore ?

Fumées
Cécile Sauvage

Ni la lune ni la brise,
Ni la couleur rose et grise
D’un étang plein de dormir ;
Ni l’amitié ni ma vie,
Ombre fuyante et pâlie
Dont je perds le souvenir.

Fumées
Cécile Sauvage

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