Poésie Victor Hugo

Victor Hugo
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Victor Hugo

Victor Hugo, de son nom complet Victor Marie Hugo, est un poète, romancier, dramaturge, critique. Il est né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885.
Il est l’une des personnalités littéraires les plus marquantes de la France au 19ème siècle. Il est connu pour son orgueil légendaire et son engagement politique et littéraire.
Victor Hugo est l’un des romanciers qui a énormément contribué au développement et au renouvellement de la poésie  de son époque.

 Victor Hugo

Quelques liens

Jeunesse de Victor Hugo

Victor Hugo est le fils du Joseph Léopold Sigisbert Hugo, un général d’Empire  souvent absent. Il fut surtout élevé par sa mère. Il a passé son enfance entre Paris, Naples et Espagne. L’enfance de Victor Hugo est mouvementée entre le boulot de son père et ses maîtresses et l’amant de sa mère.

Victor Hugo a appris les rimes poétiques tout seul. Il écrivait de petits essais et fut énormément encouragé par sa mère et un jeune maitre de la pension Cordier. C’est à l’âge de 14 ans qu’il inscrit sur son journal d’école « Je veux être Chateaubriand ou rien».

En 1817, il a participé à un concours de poésie organisé par l’Académie française, mais à cause de son jeune âge, le jury a cru que le poème Trois lustres à peines n’était pas écrit par lui-même.

Victor Hugo, jeune

Victor Hugo, jeune

A 17 ans, il fonde, avec ses deux frères Abel et Eugène une revue baptisée « Le Conservateur littéraire ». C’est grâce à cette revue qu’il commence à faire parler de lui.

Son premier recueil, Odes voit le jour en 1821. Un succès inégalé suite à la vente de 1500 exemplaires en 4 mois. Cet œuvre classique regorge d’audace et de rêves lui a valu la pension royale de Louis XVIII.

A la même année, Victor Hugo voit la mort de sa mère, trop affecté par cette disparition, il épouse Adèle Foucher en 1822, avec qui, il a eu 5 enfants.

En 1822, il sort son recueil Han d’Islande. Un recueil très bien recueilli malgré des critiques de Charles Nodier avec qui Hugo entame une belle amitié. A cette époque, il renoue une liaison avec son père qui est décédé en 1828. Il publie grâce à lui Odes à mon père et Après la bataille.

Victor Hugo, l’écrivain

Il écrit une préface pour sa première tragédie Cromwell publiée en 1827, dans laquelle il exprime son opposition aux  règles aristotéliciennes de l’unité de lieu et de temps. Il commence ainsi sa bataille contre l’esthétique du théâtre et l’instauration d’un nouveau genre de théâtre, le drame romantique.

Victor Hugo et sa famille séjournent souvent au Château des Roches à Bièvres où il fait la rencontre de Berlioz, Chateaubriand, Liszt. Il rédige lors de ses séjours un œuvre poétique Feuilles d’automne et fait sortir en 1929 Les Orientales nourri d’images de la Grèce en flammes et de visions de villes espagnoles et Le Dernier Jour d’un condamné où il exprime son opposition à la peine de mort.

Sa pièce Hernani fut présentée en février 1830. Elle enflamme l’atmosphère entre les défenseurs de la tradition et tenants des nouvelles doctrines. Lors de cette soirée historique nommée «bataille d’Hernani», Victor Hugo est officiellement le chef de file du romantisme français.

Dès 1829 avec l’Orientale jusqu’à son recueil les Rayons et les Ombres publié en 1840, on retrouve les thèmes majeurs exprimé par Hugo comme la nature, l’amour, le droit du rêve. N’oublions pas le célèbre Olympio ce personnage immortalisé grâce au célèbre poème «Tristesse d’Olympio» dans les Rayons et les Ombres.

Hugo

Hugo

Le  célèbre roman et l’un des plus connu de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris parait en 1831. Ce roman a présenté au publique un couple qui depuis est devenu mythique, Quasimodo et Esmeralda.

Il rencontre en 1833, Juliette Drouet qui deviendra sa maitresse.

Grâce un genre de récit pittoresque et critique à la fois, Hugo a réussi à conquérir le public du 19ème siècle malgré les censures à laquelle était soumis ses recueils. Il utilisait le style ironique pour décrire les problèmes de la société française de l’époque.

Il fut annoncé poète consacré, par l’Académie française en 1841.

En 1843 sa fille Léopoldine a eu un accident tragique dans la Seine et elle est décédée. Sa mort affecte énormément son père. Il exprime cela dans des poèmes des Contemplations  en 1856 et depuis Hugo n’a plus rien publié…

L’exil de Victor Hugo

Victor Hugo s’est consacré à la politique en fondant un journal l’Événement dans lequel il exprimait ses idées progressiste et libéral. Au début, il était optimiste de l’arrivée de Louis-Napoléon Bonaparte. Le coup d’État du 2 décembre 1851 le fit changer d’avis. Il décide de prendre la route de l’exil. Il part à Bruxelles, ensuite à Jersey puis à Guernesey, dans sa maison de Hauteville House.

Lors de son exil il continue ses écritures avec les Châtiments, publié en 1853. Dans ce recueil, Hugo écrira à Napoléon le Petit, comme il l’appelait, de longues vers indignés. Cet œuvre s’est rapidement circulé en France, malgré la censure, il est composé de 6200 vers partagé en 7 partis en utilisant les formules de Napoléon III comme titres.

Il se lança de son exil à la publication de plusieurs œuvres tel les Contemplations en 1856, la Légende des siècles (1859-1883), Dieu écrit en 1855, mais publié en 1891…

Derrière  la solitude de l’exil les plus grands œuvres d’Hugo ont vu le jour. Les Misérables, ce grand roman qui a marqué l’humanité depuis sa sortie en 1862 et jusqu’aujourd’hui, a été imaginé dès 1840. Bien qu’accueilli avec réserve par la critique, le public l’applaudit énormément. Les Misérables est une description du progrès du peuple en
marche à travers les expériences et les souffrances des personnages principaux, Fantine, Jean Valjean, Cosette, Marius, Gavroche.

En 1870, lors de l’écroulement de l’Empire après la guerre contre la Prusse, Victor Hugo décide de rentrer en France. Un retour triomphal !

Il fut élu député à la Constituante où il prend position contre les maux de la société qui l’entoure : la peine de mort, la misère, l’ordre moral et religieux et entame la défense des droits de la femme, instruction obligatoire et gratuite. Mais ceci n’a pas duré puisqu’il a démissionné après un mois. Il retourne à ses poésies avec un ton des Châtiments.

Victor Hugo s’est éteint le 22 mai 1885. Des milliers de personnes ont suivi son cortège.

Victor Hugo est l’un des écrivains français qui a marqué le peuple par ses œuvres qui ont pris la défense des pauvres et d’un peuple à la quête de la liberté. C’est un écrivain engagé et son influence est toujours aussi énorme, un peu plus d’un siècle après sa mort.

En savoir plus avec le musée officiel de Victor Hugo http://www.museevictorhugo.fr/

Les châtiments Livre VII

La conscience humaine est morte ; dans l’orgie,
Sur elle il s’accroupit ; ce cadavre lui plaît ;
Par moments, gai, vainqueur, la prunelle rougie,
Il se retourne et donne à la morte un soufflet.
La prostitution du juge est la ressource.
Les prêtres font frémir l’honnête homme éperdu ;
Dans le champ du potier ils déterrent la bourse ;
Sibour revend le Dieu que Judas a vendu.Ils disent :
– César règne, et le Dieu des armées
L’a fait son élu. Peuple, obéis ! tu le dois.

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A quoi ce proscrit pense-t-il ?
A son champ d’orge ou de laitue,
A sa charrue, à son outil,
A la grande France abattue.
Hélas ! le souvenir le tue.
Pendant qu’on rente les Dupin
Le pauvre exilé souffre et prie.
– On ne peut pas vivre sans pain ;
On ne peut pas non plus vivre sans la patrie.
L’ouvrier rêve l’atelier,
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Que devant les coquins l’honnête homme soupire ;
Que l’histoire soit laide et plate ; que l’empire
Boite avec Talleyrand ou louche avec Parieu ;
Qu’un tour d’escroc bien fait ait nom grâce de Dieu ;
Que le pape en massue ait changé sa houlette ;
Qu’on voie au Champ-de-Mars piaffer sous l’épaulette
Le Meurtre général, le Vol aide-de-camp ;
Que hors de l’Élysée un prince débusquant,
Qu’un flibustier quittant l’île de la Tortue,
Assassine, extermine, égorge, pille et tue ;
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Etait-ce un rêve ? étais-je éveillé ? jugez-en.
Un homme, – était-il grec, juif, chinois, turc, persan ?
Un membre du parti de l’ordre, véridique
Et grave, me disait : – cette mort juridique
Frappant ce charlatan, anarchiste éhonté,
Est juste. Il faut que l’ordre et que l’autorité
Se défendent. Comment souffrir qu’on les discute ?
D’ailleurs les lois sont là pour qu’on les exécute.
Il est des vérités éternelles qu’il faut
Faire prévaloir, fût-ce au prix de l’échafaud.
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Quand l’eunuque régnait à côté du césar,
Quand Tibère, et Caïus, et Néron, sous leur char
Foulaient Rome, plus morte, hélas ! que Babylone,
Le poète saisit ces bourreaux sur leur trône ;
La muse entre deux vers, tout vivants, les scia.
Toi, faux prince, cousin du blême hortensia,
Hidalgo par ta femme, amiral par ta mère,
Tu règnes par Décembre et tu vis sur Brumaire,
Mais la muse t’a pris ; et maintenant, c’est bien,
Tu tressailles aux mains du sombre historien.
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I

Ce serait une erreur de croire que ces choses
Finiront par des chants et des apothéoses ;
Certes, il viendra, le rude et fatal châtiment ;
Jamais l’arrêt d’en haut ne recule et ne ment,
Mais ces jours effrayants seront des jours sublimes.
Tu feras expier à ces hommes leurs crimes,
Ô peuple généreux, ô peuple frémissant,
Sans glaive, sans verser une goutte de sang,
Par la loi ; sans pardon, sans fureur, sans tempête.
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Cette nuit, il pleuvait, la marée était haute,
Un broui1lard lourd et gris couvrait toute la côte,
Les brisants aboyaient comme des chiens, le flot
Aux pleurs du ciel profond joignait son noir sanglot,
L’infini secouait et mêlait dans son urne
Les sombres tournoiements de l’abîme nocturne ;
Les bouches de la nuit semblaient rugir dans l’air.

J’entendais le canon d’alarme sur la mer.
Des marins en détresse appelaient à leur aide.
Dans l’ombre où la rafale aux rafales succède,

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I

Sur la terre, tantôt sable, tantôt savane,
L’un à l’autre liés en longue caravane,
Echangeant leur pensée en confuses rumeurs,
Emmenant avec eux les lois, les faits, les mœurs,
Les esprits, voyageurs éternels, sont en marche.
L’un porte le drapeau, les autres portent l’arche ;
Ce saint voyage a nom Progrès. De temps en temps,
Ils s’arrêtent, rêveurs, attentifs, haletants,
Puis repartent. En route ! ils s’appellent, ils s’aident,
Ils vont ! Les horizons aux horizons succèdent,
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Sa grandeur éblouit l’histoire.
Quinze ans, il fut
Le dieu que traînait la victoire
Sur un affût ;
L’Europe sous sa loi guerrière
Se débattit.
Toi, son singe, marche derrière,
Petit, petit.
Napoléon dans la bataille,
Grave et serein,

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