L’Olive

L’Olive

Auray’-je bien de louer le pouvoir
Ceste beauté, qui decore le monde?
Quand pour orner sa chevelure blonde
Je sens ma langue ineptement mouvoir?

Ny le romain, ny l’atique sçavoir,
Quoy que là fust l’ecolle de faconde,
Aux cheveulx mesme, où le fin or abonde,
Eussent bien faict à demy leur devoir.

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L’Olive

Garde toy bien ô gracieux Zephire!
D’empestrer l’esle en ces beaulx noeuds epars,
Que çà, et là, doulcement tu depars
Sur ce beau col de marbre, et de porphire.

Si tu t’y prens, plus ne vouldras nous ryre
Le verd printemps: ainçoys de toutes pars
Flore voyant que d’autre amour tu ards,
Fera ses fleurs dessecher par grand’ ire.

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L’Olive

Ces cheveux d’or sont les liens Madame,
Dont fut premier ma liberté surprise,
Amour la flamme autour du coeur eprise,
Ces yeux le traict, qui me transperse l’ame,

Fors sont les neudz, apre, et vive la flamme,
Le coup, de main à tyrer bien apprise,
Et toutesfois j’ayme, j’adore, et prise
Ce qui m’etraint, qui me brusle, et entame.

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L’Olive

Des ventz emeuz la raige impetueuse
Un voyle noir etendoit par les cieux,
Qui l’orizon jusqu’aux extremes lieux
Rendoit obscur, et la mer fluctueuse.

De mon soleil la clarté radieuse
Ne daignoit plus aparoitre à mes yeulx,
Ains m’annonçoient les flotz audacieux
De tous costez une mort odieuse.

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L’Olive

O de ma vie à peu pres expirée
Le seul filet! yeux, dont l’aveugle archer
A bien sceu mil’,et mil’ fleches lascher,
Sans qu’il en ait oncq’ une en vain tirée.

Toute ma force est en vous retirée,
Vers vous je vien’ ma guerison chercher,
Qui pouvez seulz la playe dessecher,
Que j’ay par vous (ô beaux yeux! ) endurée.

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L’Olive

La belle main, dont la forte foiblesse
D’un joug captif domte les plus puissans,
La main, qui rend les plus sains languissans,
Debendant l’arc meurtrier qui les coeurs blesse,

La belle main, qui gouverne, et radresse
Les freinz dorez des oiseaux blanchissans,
Quand sur les champs de pourpre rougissans
Guydent en l’air le char de leur maistresse,

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L’Olive

Le fort sommeil, que celeste on doibt croyre,
Plus doulx que miel, couloit aux yeulx lassez,
Lors que d’amour les plaisirs amassez
Entrent en moy par la porte d’ivoyre.

J’avoy’ lié ce col de marbre: voyre
Ce sein d’albastre, en mes bras enlassez
Non moins qu’on void les ormes embrassez
Du sep lascif, au fecond bord de Loyre.

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L’Olive

Pié, que Thétis pour sien eust avoué,
Pié, qui au bout monstres cinq pierres telles,
Que l’Orient seroit enrichi d’elles,
Cil Orient en perles tant loué.Pié albastrin, sur qui est appuyé
Le beau sejour des graces immortelles,
Qui feut baty sur deux coulonnes belles
De marbre blanc, poly, et essuyé.

Si l’oeil n’a plus de me nourir esmoy,
Si ses thesors la bouche ne m’octroye,

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L’Olive

Qui a peu voir celle que Déle adore
Se devaler de son cercle congneu,
Vers le pasteur d’un long sommeil tenu
Dessus le mont, qui la Carie honore:Et qui a veu sortir la belle Aurore
Du jaulne lict de son espoux chenu
Lors que le ciel encor’ tout pur et nu
De mainte rose indique se colore:Celuy a veu encores (ce me semble)
Non point les lyz et les roses ensemble,

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L’Olive

J’ay veu, Amour (et tes beaulx traictz dorez
M’en soient tesmoings) suyvant ma souvereine,
Naistre les fleurs de l’infertile arene
Après ses pas dignes d’estre adorez.Phebus honteux ses cheveulx honorez
Cacher alors que les vents par la plaine
Eparpilloient de leur souëfve halaine
Ceulx là, qui sont de fin or colorez.

Puis s’en voler de chascun oeil d’icelle
Jusques au ciel une vive etincelle,

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