Poésie Auguste Barbier

Recueils de poèmes

Les Satires

 
Les vieux égyptiens vénéraient fort les morts ;
Ils avaient même l’art de soustraire les corps
Au travail dévorant de la faux de Saturne.
Ils ne les mettaient point en cendres, dans une urne,
Comme le pratiquaient les austères Romains ;
Mais, les débarrassant des organes humains
Corruptibles, de baume et de fins aromates
Ils les bourraient et, par ces choses délicates,
Dans le rose granit d’un monument sculpté
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Voulez-vous en voir un ? Tenez, voilà qu’il passe
Le nez haut et d’un air disant : faites-moi place ! –
Ce n’est plus, comme au temps du sombre roi Louis,
Un jeune homme à panache, aux talons enfouis
Dans de larges houzeaux doublés de brocatelle,
En pourpoint de velours, en collet de dentelle,
À rapière dressée en-dessous du manteau ;
Non, c’est moins tapageur, moins élégant, moins beau,
Mais non moins agaçant ; ce grand chercheur de noise
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Arlequin et Pierrot se rencontrent au foyer :
Pierrot est seul sur un banc, abîmé dans ses
réflexions.
 

Arlequin.
Toujours triste, toujours soucieux, cher Pierrot,
Et toujours mécontent du monde comme un sot !
C’est un tort, un grand tort : il faut fuir la tristesse
Et faire de chaque heure une charmante ivresse.
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Ma femme, apportez-moi vite mon encrier
Et mes plumes, je veux coucher sur le papier
Le rêve éblouissant de grandeur et d’aisance
Que je viens tout d’un coup de faire pour la France
Ainsi que pour le monde !… assis au champ de Mars
Ce matin, je voyais sous nos fiers étendards
Manœuvrer bravement les fils de la patrie.
Cavaliers, fantassins, sur la terre pétrie
Avançaient, reculaient, piétinaient, galopaient,
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Ami lecteur, voici ce que l’on m’a conté.
Fort étrange est le fait, plaisante l’aventure ;
Mais quel qu’en soit le fond, par Apollon, je jure
Que mon cerveau malin n’en a rien inventé.
« Mesdames et messieurs, attention, silence !
Notre colloque avec l’autre monde commence. »
Et, dans l’obscurité d’un demi-jour discret,
Tout autour d’une table, en un cercle muet
Groupés, les invités, fixes, bouche béante,
D’actes surnaturels demeurent en attente.
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  Un matin, dégoûté de la rime indocile, Dans un coin populeux de notre grande ville J’errais, quand tout à coup s’élève une rumeur. Un homme s’enfuyait en criant : au voleur ! Et désignait du doigt la route présumable Que dans son vif élan avait pris le coupable.

  Comme aux jours déclinants de l’empire de Rome, La mode est aujourd’hui de jouer au grand homme, De se donner, vivant, les airs d’un immortel Et d’avoir comme un saint sa niche et son autel. C’était peu d’accabler les journaux de réclames Et, par maints tours adroits, maintes secrètes trames, D’obtenir de la main…

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