Contes Libertins 2nd partie

Le voile n'est le rempart le plus sûr Contre l'Amour, ni le moins accessible . Un bon mari, mieux que grille ni mur, Y pourvoira, si pourvoir est possible. C'est à mon sens une erreur trop visible A des parents, pour ne dire autrement,

Maître François dit que Papimanie Est un pays où les gens sont heureux. Le vrai dormir ne fut fait que pour eux: Nous n’en avons ici que la copie. Et par saint Jean, si Dieu me prête vie, Je le verrai ce pays où l'on dort:

Il n'est rien qu'on ne conte en diverses façons: On abuse du vrai comme on fait de la feinte: Je le souffre aux récits qui passent pour chansons, Chacun y met du sien sans scrupule et sans crainte. Mais aux événements de qui la vérité

Un Gascon, pour s'être vanté De posséder certaine belle Fut puni de sa vanité D'une façon assez nouvelle. Il se vantait à faux et ne possédait rien. Mais quoi ! tout médisant est prophète en ce monde On croit le mal d'abord, mais à l'égard du bien

Hans Carvel prit sur ses vieux ans Femme jeune en toute manière; Il prit aussi soucis cuisants; Car l'un sans l'autre ne va guère. Babeau (c'est la jeune femelle, Fille du bailli Concordat) Fut du bon poil, ardente, et belle

Un villageois ayant perdu son veau, L'alla chercher dans la forêt prochaine Il se plaça sur l'arbre le plus beau, Pour mieux entendre, et pour voir dans la plaine. Vient une dame avec un jouvenceau

Certain jaloux ne dormant que d'un oeil, Interdisait tout commerce à sa femme. Dans le dessein de prévenir la dame Il avait fait un fort ample recueil De tous les tours que le sexe sait faire. Pauvre ignorant ! comme si cette affaire N'était une hydre, à parler franchement.

Qu'un homme soit plumé par des coquettes, Ce n'est pour faire au miracle crier. Gratis est mort: plus d'amour sans payer: En beaux louis se content les fleurettes. Ce que je dis, des coquettes s'entend. Pour notre honneur si me faut-il pourtant Montrer qu'on peut nonobstant leur adresse

Plus d'une fois je me suis étonné Que ce qui fait la paix du mariage En est le point le moins considéré, Lorsque l'on met une fille en ménage. Les père et mère ont pour objet le bien; Tout le surplus, ils le comptent pour rien, Jeunes tendrons à vieillards apparient.

Après bon vin, trois commères un jour S'entretenaient de leurs tours et prouesses. Toutes avaient un ami par amour Et deux étaient au logis les maîtresses . L'une disait: J'ai le roi des maris: Il n'en est point de meilleur dans Paris. Sans son congé je vas partout m'ébattre. Avec ce tronc j'en ferais un…

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