Le jardin du Luxembourg : le plus beau jardin de Paris

(Publié le 18 février 2020) (Mis à jour le: 13 mai 2020)

Aujourd’hui lieu de rendez-vous des Parisiens, le jardin du Luxembourg, ou affectueusement surnommé « Luco », est l’un des plus beaux jardins de la capitale française. Tous les jours, petits et grands s’y rendent pour se mettre « au vert » le temps d’échapper un peu au brouhaha de la ville. Même les touristes en ont fait une étape incontournable qui leur permet d’allier repos à de nouvelles découvertes, car à part être un espace vert boisé, le Luco abrite aussi de précieux trésors.

Origine du Luco

Après le décès en 1610 de son époux, le roi Henri IV, Marie de Médicis décide de quitter le palais du Louvre pour vivre dans un endroit où elle se sentirait chez elle. Après quelques recherches, elle se rappela le domaine du duc de Piney-Luxembourg. C’est là que son fils, Louis XIII alias le dauphin, avait l’habitude de s’initier à la chasse quand il était plus jeune. Elle acheta alors le domaine et décida, le plus tôt possible, d’entamer les travaux qu’elle avait déjà imaginés.

Ne pouvant pas y participer directement du fait de son statut de régente, son fils étant encore mineur, elle fit appel à l’architecte Salomon de Brosse pour construire le palais et à d’autres artistes pour s’occuper de la décoration des lieux. Les travaux commencèrent en 1612, dès le lendemain de l’achat du domaine.

Le palais du Luxembourg fut érigé dans un style italien, s’inspirant du palais Pitti de Florence. Il a été construit tout près de l’ancienne demeure du duc qui sert aujourd’hui de résidence au président du Sénat. Alors que le nouveau palais porte de nom de « Palais Médicis » ou « Palais du Luxembourg », celui du duc Piney-Luxembourg est appelé « Petit Luxembourg » ou encore « hôtel de la présidence ».

Le jardin du Luxembourg « Luco »

Origine du jardin du Luxembourg

La conception du jardin du Luxembourg

Alors que Salomon de Brosse avait pour mission de construire le palais, l’aménagement du jardin, lui, fut confié, à Jacques Boyceau. Son œuvre commençât dès 1612 dès l’acquisition des terrains.

A l’origine, le jardin devait s’étendre devant le nouveau palais, mais par manque de place sur cette façade principale, le couvent des Chartreux se situant tout près, Boyceau dut se limiter à la surface qui s’offrait à lui et exploiter le terrain situé sur l’un des flancs du palais. Il aménagea devant le palais des parterres symétriques entourant une fontaine. Un double déambulatoire surélevé fut ensuite érigé autour du jardin pour pouvoir admirer facilement les plantes. Ce chemin s’inspire d’une terrasse à l’italienne.

L’aqueduc romain d’Arcueil, aujourd’hui connu sous le nom d’aqueduc Médicis fut également reconstruit. Sa reconstruction fut confiée à l’ingénieur Thomas Francine et dura près de dix ans. L’aqueduc avait pour mission d’alimenter une grande fontaine.

Quand la régente Marie de Médicis fut exilée par son fils, Louis XIII qui put enfin accéder au pouvoir, le domaine revient d’abord à son second fils avant de passer entre différentes mains. Les aménagements du jardin changèrent au fil du temps.

En 1629, Jacques Gomboust réalise un premier plan du jardin. Sur ce dernier, le jardin s’étend seulement sur 300 m devant le palais. D’est en ouest, il court sur plus d’un kilomètre, allant de l’actuel boulevard Saint-Michel à l’actuel boulevard Raspail. L’allée centrale fut alors aménagée dans ce sens jusqu’à ce que, deux siècles plus tard, la partie occidentale du jardin fut supprimée pour faire place à l’actuelle rue de Fleurus laquelle débouche toujours sur le Luco.

En 1635, André Le Nôtre revoit le plan des parterres. Lui aussi aurait voulu s’étendre davantage sur le plan sud du terrain, mais le couvent des Chartreux persistait à ne pas céder leur terrain.

Conception de jardin au Luxembourg

Jardin du Luxembourg, Paris: histoire et informations

Une tentative de reconstruction du domaine

Même si après son exil, le roi Louis XIII accepte de pardonner à sa mère qui put enfin retourner en France, celle-ci ne put plus s’occuper du Palais et du jardin du Luxembourg. D’ailleurs, son nouvel exil l’éloigna définitivement de ce domaine cher à son cœur. Elle meurt en 1642, suivi de peu par le roi, son fils, qui meurt à son tour en 1643.

Pendant plusieurs années, le Palais du Luxembourg changea de maître. En 1778, le comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII reçoit le domaine en piteux état. Le palais a effectivement été endommagé par les nombreux propriétaires qui se sont succédé.

Pour relancer les travaux, il dut se séparer du tiers ouest du jardin afin de trouver un financement. La zone cédée incluait la promenade des Soupirs qui était très appréciée des amoureux et l’allée des Philosophes où Jean-Jacques Rousseau avait l’habitude de se promener en 1741. Cette partie est aujourd’hui occupée par la rue Guynemer qui borde la côte ouest du jardin.

De nouveaux aménagements

Au cours de la Révolution, le palais est réquisitionné pour faire office de prison tandis que le jardin est totalement laissé à l’abandon. Le couvent des Chartreux est également saisi avec les 26 hectares de terrain que comptait le domaine. A la fin de la révolution, le terrain revient au palais du Luxembourg qui voit s’étendre son domaine jusqu’à l’actuel boulevard du Montparnasse.

Au début du 19e siècle, Jean-François-Thérèse Chalgrin dessine l’avenue de l’Observatoire sur l’ancien domaine des Chartreux. Il dessine également une nouvelle esquisse du jardinet ainsi que les autres décorations florales que l’on peut encore admirer au jardin de nos jours. Et ce n’est pas tout puisque l’homme décide également de recouvrir les terrasses intermédiaires de Francine par un talus. Il ne garde qu’une seule terrasse accessible grâce à des perrons. Il revoit la structure de la grotte de Médicis et fait entourer le bassin de pelouses. Il crée un perron orné de statues au sud.

Quand le coup d’État du 18 brumaire mit fin à la Révolution, le palais est attribué au Sénat de l’Empire. Napoléon Ier émit le souhait de destiner le jardin aux enfants. Sur ses ordres, des kiosques furent créés ainsi que divers jeux. Suivirent ensuite les voitures à chèvres.

A compter de 1836, d’autres changements intervinrent. Les parterres ont notamment été déplacés d’environ 30 m à cause des travaux d’agrandissement de l’hémicycle tandis que les murs d’enceinte furent abattus pour être remplacés par des grilles. Les anciennes statues des reines trop endommagées furent également remplacées et une nouvelle orangerie fut commandée par Alphonse de Gisors.

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Plan Jardin du Luxembourg

Le Jardin du Luxembourg, du palais royal au parc public

Les changements instaurés par le baron Haussmann

Sous les ordres du baron Haussmann, des travaux d’urbanisme touchèrent également le jardin. La partie nord-est a ainsi été réduite pour pouvoir ouvrir le boulevard Saint-Michel et la rue de Médicis. Le baron voulait aussi conserver la grotte Médicis et l’isoler sur une petite place, mais à cause des protestations, elle fut démolie pour être transformée en fontaine. Celle-ci est toujours visible de nos jours avec son plan d’eau servant de miroir. Toutefois, la Vénus de la niche centrale a été remplacée par une œuvre d’Auguste Ottin, le Polyphème surprenant Galatée dans les bras d’Acis.

Au niveau de la partie nord-ouest, le couvent des Filles du Calvaire a été démoli pour permettre l’élargissement de la rue de Vaugirard. Ces travaux interviennent en 1845 et obligent Gisors à revoir les bâtiments situés entre le palais du Luxembourg et le Petit Luxembourg.

En 1865, on évoque la suppression de la pépinière pour permettre le percement de la rue Auguste-Comte.  De nouvelles protestations jaillissent puisque cette zone est très appréciée des Parisiens qui en font une aire de promenade. Napoléon III tranche toutefois en faveur des travaux et la pépinière a été supprimée.

Au cours de l’Occupation, les Allemands s’emparent du palais du Luxembourg et firent construire deux blockhaus sous le jardin. L’un est placé à l’est tandis que l’autre se situe à l’ouest du palais. Ils firent également installer des barbelés dans le parc et interdirent l’accès au public. Le jardin devint alors un parking pour les véhicules allemands. Leur occupation des lieux prit fin le 29 août 1944. Le palais et le jardin furent rénovés. Ces travaux donnèrent naissance à l’état actuel du site.

Un patrimoine toujours aussi vaste

Au jour d’aujourd’hui, le domaine du Palais du Luxembourg s’étend sur 25 hectares dont 21 sont ouverts au public. Sur ce vaste espace, on trouve :

  • Le Petit Luxembourg qui sert toujours de résidence au Président du Sénat ;
  • Le Palais du Luxembourg qui appartient désormais au Sénat et abrite la chambre haute du Parlement. Le Sénat est aussi l’heureux propriétaire du jardin ;
  • Le musée du Luxembourg qui présente régulièrement d’importantes expositions d’art. Il s’agit d’expositions temporaires qui sont toutefois connues pour la grande qualité des œuvres. Pour se rendre au musée et au plais, il faut accéder au domaine depuis la rue de Vaugirard ;
  • L’ancien hôtel de Vendôme qui abrite aujourd’hui l’école Mines Paris Tech ;
  • L’orangerie : avant le bâtiment actuel qui a été bâti par Gisors en 1839, d’autres bâtiments se sont succédé, mais ont été démolis. L’actuelle orangerie abrite de nombreux plants d’agrumes, mais pas seulement. On y trouve aussi des lauriers roses, des dattiers des Canaries, des grenadiers et des bigaradiers. Les plus vieux de ces derniers, âgés autour de 250-300 ans, sont plantés dans la partie à la française du jardin. Durant les beaux jours estivaux, l’orangerie accueille aussi des expositions temporaires.
  • Les serres : elles jouxtent l’hôtel de Vendôme. Les serres abritent d’importantes collections horticoles parmi lesquelles on dénombre plus de 400 espèces d’orchidées. Les plantes qui s’y trouvent sont destinées à embellir le jardin et à orner le palais du Luxembourg. Les serres font aussi office de lieu de conservation puisqu’une partie de son patrimoine végétal datent du 19e siècle. Elles ont été érigées depuis que le domaine des Chartreux a été annexé à celui du Palais.
  • On compte trois serres majeures. L’une est destinée aux orchidées, aux crotons et aux bégonias. L’autre est réservée aux fougères utilisées pour les décorations florales. La dernière se compose de potées fleuries avec des espèces telles que des bégonias ou encore des hortensias. La température de cette serre est régulée pour le besoin des plantes. Un système de goutte à goutte a également été mis en place pour les alimenter en eau. Pour compléter cette partie du domaine, des plates-bandes d’essais de plantes à fleurs et à feuillage décoratif ont été établies. Ces dernières sont des lieux de recherche permanente qui permet aux responsables du site de proposer, chaque année, d’autres nouvelles variétés de plantes.

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Une subdivision claire

Par ailleurs, il faut souligner que le jardin du Luxembourg se subdivise en quatre zones bien distinctes :

  • La partie « à la française » qui se trouve dans l’axe du palais ;
  • La partie « à l’anglaise » qui se situe du côté de la rue Guynemer ;
  • La forêt géométrique des quinconces qui se situe entre les deux jardins cités ci-dessus ;
  • Les pelouses et un verger que l’on retrouve au sud. Le verger abrite différentes variétés anciennes de pomologie. Il se situe sur le côté de la rue Auguste-Comte, face au lycée Montaigne ;
  • Un rucher que l’on trouve près du pavillon Davioud. Il est possible d’y suivre une formation d’apiculture.

Pour flâner à travers le jardin, les visiteurs ont droit à de nombreuses allées. Ici et là, des statues ont été installées et on y trouve toujours les deux fontaines du domaine à savoir, la fontaine Médicis située le long de la rue de Médicis et le Monument à Eugène Delacroix, placé à proximité du Petit Luxembourg.

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Un lieu de détente et de repos

Que faire au jardin du Luxembourg

Choses à faire près de Jardin du Luxembourg à Paris

Le jardin du Luxembourg est aujourd’hui l’un des lieux de détente les plus appréciés des Parisiens. En plus de flâner à travers les jardins et se reposer à l’ombre d’un arbre, on peut aussi y pratiquer diverses activités sportives comme le basket-ball, le tennis, le jeu de paume  et même des arts martiaux. Des aires ont été établies spécialement pour ces sports.

Pour ceux qui préfèrent les activités plus soft, on leur conseille une partie d’échec. Une douzaine de tables ont été installées sur le domaine, à proximité de l’orangerie. Pour les amateurs de bridges, c’est à l’est des courts de tennis qu’il faut se rendre puisque c’est dans cette zone que les trois tables qui y sont destinées ont été aménagées.

Pour les amateurs d’art, sachez que des expositions de photographies ont régulièrement lieu sur les grilles extérieures du jardin. Et au sein même du domaine, le musée et l’orangerie mis à part, d’autres expositions sont aussi souvent organisées.

Durant les beaux jours, la foule se dirige surtout vers le coin nord-est du jardin, là où se trouve le kiosque à musique. Il faut dire que durant cette saison, divers concerts y sont organisés et même des représentations d’opéra.

Pour les enfants, un parc à jeux a été installé avec des spectacles de marionnettes, la fameuse allée des ânes le long de laquelle ont lieu les promenades à dos de poney et le bassin sur lequel on peut faire naviguer des bateaux télécommandés ou à voile.

Le jardin du Luxembourg est réellement une vaste aire de jeux que ce soit pour les petits ou les grands. Même en hiver, les habitués s’y rendent pour faire leur promenade, faire du sport ou une partie d’échec.

 

 





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