Predit me fut

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Predit me fut, que devoit fermement
Un jour aymer celui dont la figure
Me fut descrite: et sans autre peinture
Le reconnu quand vy premierement:

Puis le voyant aymer fatalement,
Pitié je pris de sa triste aventure:
Et tellement je forçay ma nature,
Qu’autant que lui aymay ardentement.

Qui n’ust pensé qu’en faveur devoit croitre
Ce que le Ciel et destins firent naitre?


Mais quand je voy si nubileus aprets,

Vents si cruels et tant horrible orage:
Je croy qu’estoient les infernaus arrets,
Qui de si loin m’ourdissoient ce naufrage.

 

Sonnets

Louise Labé

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