Phèdre ACTE premier Scène 5

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Phèdre ACTE premier Scène 5

Phèdre par Jean Racine

Phèdre, Œnone.

ŒNONE

Madame, je cessais de vous presser de vivre;

Déjà même au tombeau je songeais à vous suivre;

Pour vous en détourner je n’avais plus de voix:

Mais ce nouveau malheur vous prescrit d’autres lois.

Votre fortune change et prend une autre face:

Le roi n’est plus, madame; il faut prendre sa place.

Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez;

Esclave s’il vous perd, et roi si vous vivez.

Sur qui, dans son malheur, voulez-vous qu’il s’appuie ?

Ses larmes n’auront plus de main qui les essuie;

Et ses cris innocents, portés jusques aux dieux,

Iront contre sa mère irriter ses aïeux.

Vivez; vous n’avez plus de reproche à vous faire:

Votre flamme devient une flamme ordinaire;

Thésée en expirant vient de rompre les nœuds

Qui faisaient tout le crime et l’horreur de vos feux.

Hippolyte pour vous devient moins redoutable;

Et vous pouvez le voir sans vous rendre coupable.

Peut-être, convaincu de votre aversion,

Il va donner un chef à la sédition:

Détrompez son erreur, fléchissez son courage.

Roi de ces bords heureux, Trézène est son partage;

Mais il sait que les lois donnent à votre fils

Les superbes remparts que Minerve a bâtis.

Vous avez l’un et l’autre une juste ennemie:

Unissez-vous tous deux pour combattre Aricie.

PHÈDRE

Eh bien ! à tes conseils je me laisse entraîner.

Vivons, si vers la vie on peut me ramener,

Et si l’amour d’un fils, en ce moment funeste,

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De mes faibles esprits peut ranimer le reste.

Phèdre ACTE premier Scène 5

La pièce de Théâtre Phèdre par Jean Racine.



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