Le navire

Dans  La Lyre
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Je fus, Plante superbe, en Vaisseau transformée.
Si je crus sur un Mont, je cours dessus les eaux :
Et porte de Soldats une nombreuse armée,
Après avoir logé des Escadrons d’Oiseaux.

En rames, mes rameaux se trouvent convertis ;
Et mes feuillages verts, en orgueilleuses voiles :
J’ornai jadis Cybèle, et j’honore Thétis
Portant toujours le front jusqu’auprès des Étoiles.

Mais l’aveugle Fortune a de bizarres lois :
Je suis comme un jouet en ses volages doigts,


Et les quatre Éléments me font toujours la guerre.

Souvent l’Air orageux traverse mon dessein,
L’Onde s’enfle à tous coups pour me crever le sein
Je dois craindre le Feu, mais beaucoup plus la Terre.

 

La Lyre

François Tristan L’Hermite

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