Poésies Sabine Sicaud

Recueils de poèmes

Sabine Sicaud
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Sabine Sicaud

Sabine Sicaud,  née le 23 février 1913 et morte le 12 juillet 1928  à l’âge de 15 ans d’une maladie des os dans de cruelles souffrances, est une poétesse française.

Biographie

Née en 1913  à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), Sabine Sicaud est issue d’une famille lettrée. Sa mère est journaliste et poétesse, et son père est avocat, militant socialiste, et ami intime de Jean Jaurès.

Sabine Sicaud

Sabine Sicaud

Sabine a vécu une enfance heureuse, elle a eu une éducation domestique littéraire  dans la maison de ses parents, nommée La Solitude. Son talent poétique s’est manifesté à l’âge de six ans(1913), lorsqu’elle a écrit ses premiers poèmes sur les agendas publicitaires de son
grand-père.

Lauréate du second prix au Jasmin d’argent à l’âge de onze ans (en 1924), pour son poème Le petit cèpe, puis du grand prix  des Jeux Floraux de France en 1925 pour le poème Matin d’automne, quelle a écrite en 1922 (à neuf ans …), à cette même année, elle a gagné 3 autres prix littéraires.

Considérée comme cas littéraire surprenant, Sabine Sicaud a reçu  les hommages des poètes de son temps, notamment Anna de Noailles qui écrivit la préface du son premier recueil  « Poémes d’enfant » publié en 1926 par la maison d’édition Les Cahiers de France. C’est à la même année, qu’elle a commencé à collaborer à la revue L’Oiseau bleu, revue mensuelle pour enfants, puis l’année suivante à la revue Abeilles et pensées.

Sabine Sicaud

Sabine Sicaud

En 1927, elle a gravement blessé le pied. L’ostéomyélite, appelée aussi la gangrène des os est dégénérée de cette blessure. Souffrant d’une douleur insupportable, elle écrit « Aux médecins qui viennent me voir » :

Faites-moi donc mourir, comme on est foudroyé

D’un seul coup de couteau, d’un coup de poing

Ou d’un de ces poisons de fakir, vert et or… »

Pendant sa maladie,  elle a écrit les poèmes de la souffrance et de la mort, inoubliables par leur force, leur sincérité et la profondeur de leur vision.

Vous parler ?

 Non, Je ne peux pas.

 Je préfère souffrir comme une plante

Comme l’oiseau qui ne dit rien sur le tilleul. Ils attendent

Après un an de souffrances et de fièvres, la pauvre fille qui a refusé de quitter La Solitude pour se faire soigner à Bordeaux  meurt le 12 juillet 1928.

Œuvres :

Les poèmes Sabine Sicaud sont rassemblés dans trois recueils : “Premiers poèmes”, “Chemins” et  “Douleurs, je vous déteste”.

Chemins

Ne pas se rappeler en suivant ce chemin…
Ne pas se rappeler… Je te donnais la main.
Nos pas étaient semblables,
Nos ombres s’accordaient devant nous sur le sable,
Nous regardions très loin ou tout près, simplement.

L’air sentait ce qu’il sent en ce moment.
Le vent ne venait pas de l’Océan. De là
Ni d’ailleurs. Pas de vent. Pas de nuage. Un pin
Dont le jumeau fut coupé dans le temps
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Amour, mon cher Amour, je te sais près de moi
Avec ton beau visage.
Si tu changes de nom, d’accent, de coeur et d’âge,
Ton visage du moins ne me trompera pas.
Les yeux de ton visage, Amour, ont près de moi
La clarté patiente des étoiles.

De la nuit, de la mer, des îles sans escales,
Je ne crains rien si tu m’as reconnue.
Mon Amour, de bien loin, pour toi, je suis venue
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Un seul coeur ? Impossible
Si c’est par lui qu’on souffre et que l’on est heureux.
On dit : coeur douloureux,
Coeur torturé, coeur en lambeaux –

Puis : joyeux et léger comme un oiseau des Iles,
Un coeur si grand, si lourd, si gros
Qu’il n’y a plus de place
Pour rien d’autre que lui dans notre corps humain.
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Le vieux chemin creusé d’ornières ?
Il a trop plu.
Le vieux chemin de la Carrière,
Celui du vieux moulin qui ne moud plus,
Le chemin du Seigneur qui n’a plus de château,
Le chemin du Bourreau,
Le chemin de la malle-poste,

Et ceux qui les croisaient, tous les chemins herbus,
Tous les chemins pleins d’eau,
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Pour qui vous a-t-on faits, grands chemins de l’Ouest ?
chemins de liberté que l’on suppose tels
et qui mentez sans doute…

Espaces où surgit le Popocatepelt,
où le noir séquoïa cerne d’étranges routes,
où la faune et la flore ont de si vastes ciels
que l’homme ne sait plus à quel étage vivre.
Chemins de liberté que nous supposons libres.
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Premiers poèmes

Vous laissez tomber vos mains rouges,
Vigne vierge, vous les laissez tomber
Comme si tout le sang du monde était sur elles.

A leur frisson, toute la balustrade bouge,
Tout le mur saigne,
Ô vigne vierge… Tout le ciel est imbibé
D’une même lumière rouge.

C’est comme un tremblement d’ailes rouges qui tombent,
D’ailes d’oiseaux des îles, d’ailes
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Vous vous tendez vers moi, vertes petites mains des arbres,
Vertes petites mains des arbres du chemin.
Pendant que les vieux murs un peu plus se délabrent,
Que les vieilles maisons montrent leurs plaies,
Vous vous tendez vers moi, bourgeons des haies,
Verts petits doigts.

Petits doigts en coquilles,
Petits doigts jeunes, lumineux, pressés de vivre,
Par-dessus les vieux murs vous vous tendez vers nous.

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Entends la chanson de l’eau…
Comme il pleut, comme il pleut vite !
Il semble que des grelots
Dans la gouttière s’agitent.

A l’abri dans ton dodo
Entends la chanson de l’eau !

Entends la chanson du vent…
Comme les branches s’agitent !
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On a beaucoup parlé dans la chambre, ce soir.
Couché, bordé, la lune entrant par la fenêtre,
On évoque à travers un somnolent bien-être,
La vieille qui, là-haut, porte son fagot noir.

Qu’elle doit être lasse et qu’on voudrait connaître
Le crime pour lequel nous pouvons tous la voir
Au long des claires nuits cheminer sans espoir !
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