On récolte les ombresGrises des soldats du frontRouges des blessésEt blanches des marins
L’odeur du chèvrefeuille, et le manque de toi, La nuit qui tombe doucement, Le vide de tes bras… Je voudrais en l’instant monter vers les étoiles,
La lune a refuséUn dernier rendez-vousLes bancs publics sont devenus désertsLes yeux éteintsNe battent plus
Victimes à nos heuresD’étranges illusionsNous croyons discernerDans les brumes des toursSurgies de halliersSombres et touffusComme de noires vapeursPosées au-dessusDe nos propres horizons
Au musée des pièces raresUn merle mécaniqueFait de rêve et de plastiqueSurvolait le publicEn criant «au voleur»
Passons sur l’autre riveOn y voit mieux la clarté du jourLes chats-huantsLes lilas rosesEt les coeurs qui dériventEn débordant d’amour
J’ai lu dans tes pensées Parce que tu oublies Parfois De les cadenasser J’ai lu dans ton coeur Dont la porte demeure Toujours grand ouverte J’ai lu sur tes lèvres
Rendre au poisson L’eau de l’étang Rendre à la feuille Sa vieille branche Et rendre aux aiguilles Leur cadran Rendre à César La monnaie de sa pièce
Cultivons nous