Aux Augustins, sans alarmer la ville,

(Mis à jour le: 2 novembre 2016)

Aux Augustins, sans alarmer la ville,
On fut hier soir; mais le cas n'alla bien
L'huissier, voyant de cailloux une pile,
Crut qu'ils n'étaient mis là pour aucun bien.
Très sage fut; car, avec doux maintien,
Il dit : « Ouvrez; faut-il tant vous requerre?
Qu'est-ce ceci? Sommes-nous à la guerre?
Messieurs sont seuls, ouvrez et croyez-moi.
– Messieurs, dit l'autre, en ce lieu n'ont que querre.
Les Augustins sont serviteurs du Roi.

 


– Dea, répond l'un de Messieurs fort habile,
Conseiller clerc, et surtout bon chrétien,
Vous êtes troupe en ce monde inutile,
Le tronc vous perd depuis ne sais combien;
Vous vous battez, faisant un bruit de chien.
D'où vient cela? Parlez, qu'on ne vous serre.
Car, que soyez de Paris ou d'Auxerre,
Il faut subir cette commune loi;
Et, n'en déplaise aux suppôts de saint Pierre,
Les Augustins sont serviteurs du Roi. »

Lors un d'entre eux (que ce soit Pierre ou Gille,
Il ne m'en chaut, car le nom n'y fait rien)
« Vraiment, dit-il, voilà bel évangile!
C'est bien à vous de régler notre bien.
Que le tronc serve à l'autel de soutien,
Ou qu'on le vide afin d'emplir le verre,
Le Parlement n'a droit de s'en enquerre;
Et je maintiens comme ai ticle de foi
Qu'en débridant matines à grand'erre
Les Augustins sont serviteurs du Roi. »

ENVOI

Sage héros, ainsi dit frère Pierre.
La cour lui taille un beau pourpoint de pierre;
Et dedans peu me semble que je voi
Que, sur la mer ainsi que sur la terre,
Les Augustins sont serviteurs du Roi.

 




Voulez-vous commenter cet article ?

Votre email ne sera pas publié

Réalisation : www.redigeons.com - http://www.webmarketing-seo.fr/