vénus anadyomène

(Publié le 17 mars 2006) (Mis à jour le: 23 septembre 2016)
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Comme d’un cercueil vert en fer-blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Montrant des déficits assez mal ravaudés;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent; le dos court qui rentre et qui ressort;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates.


L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement; on remarque surtout
Des singularités, qu’il faut voir à la loupe…
Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus;
-Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle, hideusement, d’un ulcère à l’anus.
27 juillet 1870.

 

Un poème d’Arthur Rimbaud

vénus anadyomène Premières Poésies Poésies Arthur Rimbaud

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