LVIII. Sonnet

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Si quelquefois Amour permet que je respire,

Et que pour un moment j'écoute ma raison,

Mon esprit aussitôt pense à ma guérison,

Tâchant de m'affranchir de ce fâcheux empire.



Il est vrai que mon mal ne peut devenir pire,

Qu'un esclave serait honteux de ma prison,

Et que les plus damnés à ma comparaison

Trouveraient justement des matières pour rire.

Cloris d'un oeil riant et d'un coeur sans remords,

Me tient dans des tourments pires que mille morts,

Sans espoir que jamais sa cruauté s'amende.

Hélas! après avoir à mes douleurs songé,

Je voudrais me résoudre à demander congé,

Mais j'ai peur d'obtenir le don que je demande.



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