les chercheuses de poux

(Publié le 18 mars 2006) (Mis à jour le: 23 septembre 2016)
Evaluer cet article
Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.
Elles assoient l’enfant auprès d’une croisée

Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs,
Et, dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.
Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés,
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer ;
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.
1871

 

Un poème d’Arthur Rimbaud

les chercheuses de poux Premières Poésies Poésies Arthur Rimbaud

 Poésies Arthur Rimbaud - Premières Poésies - les chercheuses de poux -  Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes, Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,


Réalisation : www.redigeons.com - http://www.webmarketing-seo.fr/