Le soir au bord de la mer

(Publié le 20 mars 2006) (Mis à jour le: 20 décembre 2015)
Les bois épais, les sirtes mornes, nues,
Mêlent leurs bords dans les ombres chenues.
En scintillant dans le zénith d’azur,
On voit percer l’étoile solitaire :
A l’occident, séparé de la terre,
L’écueil blanchit sous un horizon pur,
Tandis qu’au nord, sur les mers cristallines,

Flotte la nue en vapeurs purpurines.
D’un carmin vif les monts sont dessinés ;
Du vent du soir se meurt la voix plaintive ;


Et mollement l’un à l’autre enchaînés,
Les flots calmés expirent sur la rive.
Tout est grandeur, pompe, mystère, amour :
Et la nature, aux derniers feux du jour,
Avec ses monts, ses forêts magnifiques,
Son plan sublime et son ordre éternel,
S’élève ainsi qu’un temple solennel,
Resplendissant de ses beautés antiques.
Le sanctuaire où le Dieu s’introduit
Semble voilé par une sainte nuit ;
Mais dans les airs la coupole hardie,
Des arts divins, gracieuse harmonie,
Offre un contour peint des fraîches couleurs
De l’arc-en-ciel, de l’aurore et des fleurs.

 

Tableau de la nature

François-René de Chateaubriand

Le soir au bord de la mer Tableau de la nature Poésie François-René de Chateaubriand

 Poésie François-René de Chateaubriand - Tableau de la nature - Le soir au bord de la mer -  Les bois épais, les sirtes mornes, nues, Mêlent leurs bords dans les ombres chenues.



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