Jean-Paul II, histoire et biographie de Jean-Paul II

(Mis à jour le: 30 avril 2018)

Karol Jozef Wojtyla était un prêtre polonais. Il a également été évêque et archevêque de Cracovie puis cardinal avant d’être élu pape catholique le 16 octobre 1978. À cette occasion, il fut rebaptisé Jean-Paul II. Depuis sa canonisation en 2014, les catholiques l’appellent comme Saint Jean-Paul II.

Enfance, adolescence et famille

Karol Jozef Wojtyla est né le 18 mai 1920 dans une petite ville de Petite-Pologne, à Wadowice. Son père, Karol Wojtyla, était militaire de carrière et a épousé, Emilia Kaczorowska en 1906. Le couple a trois enfants : Edmund Antoni en 1906, Olga Maria qui est morte-née en 1914 et Karol Jozef en 1920.

Jean-Paul II, histoire et biographie de Jean-Paul II

Quelques liens

La mère de famille meurt d’une infection rénale en 1929 tandis que le frère aîné, devenu médecin, fut emporté par la scarlatine en 1932. Il ne resta donc plus que Karol et son père.

À l’adolescence, Karol nourrissait une grande passion pour le théâtre et la littérature. Il a participé à de nombreuses représentations organisées par son lycée. Il a souvent joué des rôles principaux. Mieczyslaw Kotlarczyk le forma, à partir de 1936, à une technique théâtrale reposant sur le texte et la parole. À partie de cette période, Karol a voulu devenir acteur et se consacrer au théâtre.

À 15 ans, il a été le président d’une association de jeunes qui se consacraient à la Vierge Marie. Il obtient le sacrement de confirmation le 6 mai 1938. Au mois d’août de la même année, il quitte avec son père, Wadowice pour aller vivre en Cracovie. Il y suivit des études de lettres à l’université Jagellonne ce qui lui permit d’approfondir la poésie lyrique, le théâtre, l’étymologie et la phonétique polonaise.

La guerre

Suite au démembrement et à l’occupation de la Pologne par l’URSS et l’Allemagne nazie, l’université fut fermée et les Polonais n’avaient plus le droit de célébrer les saints polonais. Un homme réussit toutefois à rester dans la prière et la spiritualité à savoir Jan Tyranowski. Plus tard, en devenant pape, Jean-Paul II décrit cet homme comme « l’un de ces saints inconnus, cachés comme une lumière merveilleuse au bas de la vie, à une profondeur où règnent habituellement les ténèbres ». Cela indique que cet homme a occupé une place importante dans la vie de Karol Jozef qui a participé, sur son invitation, au Rosaire vivant. L’évènement s’est déroulé en toute clandestinité et consistait à prier, à vivre en présence de Dieu, à se former et à veiller à ce que chaque seconde serve à quelque chose. Sur les conseils de Tyranowski, Karol se mit à lire les écrits de saints de l’Ordre du Carmel tels que Thérèse d’Avila, Jean de la Croix ou encore Thérèse de Lisieux.

En parallèle, il continue de jouer au théâtre et a même écrit quelques pièces intitulées David, Job et Jérémie. Pour l’acteur, le théâtre était une manière de résister aux conquérants et de défendre leur patrie contre l’occupation nazie. Des représentations clandestines ont d’ailleurs été organisées entre amis et leur lieu de rendez-vous fut baptisé Studio 39.

En 1940, il est embauché comme ouvrier à l’usine chimique Solvay, un poste qui lui permit d’éviter le service obligatoire allemand. Durant cette vie ouvrière, il en découvre les aspects positifs, mais aussi les misères et les horreurs de la déportation de ses compatriotes dans les camps de la mort.

Le 16 février 1941, le seul membre de sa famille qui lui reste, son père mourut. Au mois de juin de cette année, la Pologne passe entièrement sous le joug nazi. Un mois plus tard, Mieczyslaw Kotlarczyk débarque en Cracovie avec son épouse et sont hébergés par Karol Jozef. Au mois d’août, le professeur crée le théâtre rhapsodique avec quelques acteurs dont Karol.

Quand les nazis ont décidé d’éradiquer la culture polonaise, cette nouvelle technique de théâtre devint un important mouvement de résistance culturelle clandestine qui fut alors baptisé Unia. Celle-ci disposait même d’une branche militaire à laquelle Karol refusa d’appartenir. Il voulait effectivement rester pacifique en utilisant des méthodes culturelles et la prière. Malgré le risque d’exécution auquel ces acteurs étaient soumis s’ils se faisaient attraper, le théâtre rhapsodique continuait de se produire dans la clandestinité.

De prêtre à pape

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Après une longue période de réflexion, Karol décida de devenir prêtre en 1942 et intègre le séminaire clandestin de Cracovie. Malgré l’interdiction allemande de recruter de nouveaux prêtres, Karol y fut accepté et put suivre les études qui se déroulaient soit chez des particuliers soit dans des églises. Il continuait en parallèle de travailler.

Durant ces études, la lecture du Traité de la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, ouvrage écrit par saint Louis-Marie Grignion de Montfort l’ébranla et lui inspira sa devise de « Totus Tuus ».

Il se mit, par la suite à apprendre la philosophie, une discipline qui le passionna toute sa vie.

Il faillit mourir le 29 février 1944 après avoir été renversé par une voiture. Il fut hospitalisé pendant 15 jours et souffrait d’un traumatisme crânien.

Le 6 août de la même année, il échappe de nouveau à la mort en évitant une rafle dans son immeuble. Au lieu de fuir, il était resté prier dans son appartement qui se situait au sous-sol. Sous les menaces, il se réfugia au palais épiscopal où Mgr Sapieha cachait les séminaristes. Ses sorties étaient alors restreintes et même, quand il sortait, il avait sur lui de faux papiers. Ce n’est qu’en janvier 1945 qu’il retrouva sa liberté de mouvement suite à la libération de Cracovie.

Pendant cette période noire, Karol Jozef en profita pour étudier la théologie de Thérèse de Lisieux, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix. Un temps, il fut tenté de devenir carme, mais renonça toutefois à cette idée.

Lorsque Mgr Sapieha fut élu cardinal en 1946, ce dernier l’envoya à Rome pour qu’il puisse approfondir sa théologie. Avant de partir, il fut ordonné prêtre le 1er novembre 1946 à 26 ans.

Une fois à Rome, il poursuit sa formation à l’Angelicum, une université dirigée en ce temps par les dominicains. Il y resta deux ans pour préparer sa thèse de doctorat en théologie sur « La foi dans la pensée de saint Jean de La Croix ». Il vivait dans un collège belge et y apprit le français. Pour sa thèse, il dut également apprendre l’espagnol.

Pendant ses vacances, il visitait l’Europe sur les conseils du cardinal Sapieha pour apprendre les méthodes pastorales. Durant ces déplacements, il dut faire face à la disparition de la foi traditionnelle pour faire place à de nouvelles méthodes d’évangélisation.

En juin 1948, il fut envoyé à Niegowic et y découvrit le développement du stalinisme. Il conseilla alors aux oppressés de ne jamais résister, mais de vaincre les mauvaises choses par la bonté. Il leur fallait montrer le bon exemple selon lui.

En mars 1949, le cardinal Sapieha le nomme à la paroisse Saint-Florian de Cracovie. Il y découvre l’importance de la jeunesse et décida d’encadrer un groupe de jeunes gens à travers diverses conférences. Avec eux, il apprenait une nouvelle forme d’évangélisation et même à faire du ski. Il organisa des excursions de 15 jours à raison de deux fois par an. Les participants faisaient du sport, réfléchissaient et priaient. Pour ne pas se faire remarquer des communistes, le prêtre portait des vêtements civils et célébrait parfois la messe à bord d’un canoë. Ces excursions étaient de vrais moments de partage et de discussion avec les jeunes dont la majorité était de jeunes fiancés. Karol Jozef leur parlait alors de la vie conjugale et même de sexualité. Il les aidait même à mieux se connaître avant d’entamer une relation plus intime.

Tout au long de sa vie, le mariage fut l’une des grandes thématiques du pape Jean-Paul II. Pour lui, le mariage devait être un acte d’amour basé sur la fidélité et le don exclusif de l’un envers l’autre. Il en parlait comme d’une communion entre l’homme et la femme, des personnes en Dieu. Il disait que les relations sexuelles ne devaient pas se réduire au simple plaisir puisque dans ce cas-là, il s’agirait de péché originel. Selon le pape, le Christ utilise le mariage pour restaurer la sexualité. Il devait donc être une relation d’amour, d’honnêteté et de fidélité. Cette pensée du pape a conduit l’église catholique à aller à l’encontre de la contraception, de l’avortement, de l’euthanasie et du mariage homosexuel.

Quand le cardinal le nomme à l’université contre sa volonté, il poursuit ses études pour rédiger une thèse de philosophie. Il se spécialise en éthique sur la question de l’amour en général et de l’amour conjugal. Il obtient son doctorat en 1953 et continuait ses excursions avec les jeunes en été.

À partir de 1953, il dirige la théologie morale et éthique sociale à la Faculté de théologie de l’université Jagellonne. Il écrivait, en parallèle des poèmes sous le pseudonyme d’Andrzej Jawien.

À cette époque, le régime soviétique a renforcé la répression ce qui entraîna l’emprisonnement de personnalités catholiques et même la condamnation à mort du prêtre responsable du Rosaire vivant. L’université Jagellonne fut fermée en octobre 1954 et les écoles n’avaient pas l’autorisation d’enseigner la religion catholique.

Quand Staline meurt, des manifestations pour la liberté religieuse ont été organisées. En 1954, Karol Jozef Wojtyla est nommé professeur d’éthique à l’université catholique de Lublin. Il y fonde un Institut de morale à la tête duquel il est resté jusqu’en 1978.

Le 28 septembre 1958, il est nommé évêque auxiliaire de Cracovie par le pape Pie XII. Il devint, à 38 ans, le plus jeune évêque de la République populaire de Pologne. C’est à partir de là qu’il choisit pour devise « Totus Tuus » signifiant « Tout à toi ».

En parallèle avec son nouveau statut, il continue d’enseigner la morale à la faculté de théologie et d’écrire. Une pièce de théâtre fut ainsi publiée en 1960 sous le titre de La boutique de l’orfèvre puis en 1964, parut sa dernière pièce intitulée Rayonnement de la paternité.

En 1962, suite au décès de Mgr Eugeniusz Baziak, Karol Wojtyla est emmené à le remplacer et devint le plus jeune administrateur de diocèse en Pologne. Il publia, au cours de cette année, l’ouvrage intitulé Amour et responsabilité.

Le pape Jean XXIII l’invite à participer au IIe concile œcuménique du Vatican. Grâce à ses connaissances de langues étrangères (russe, espagnol, français anglais,  allemand, latin, italien et polonais), il devint le porte-parole de la délégation polonaise.

Il est nommé archevêque le 30 décembre 1963 et entre en fonction le 13 janvier 1964. Il participa activement au Schéma XIII du Concile Vatican II. Le 30 novembre 1964, le pape Paul VI le reçoit, pour la première fois, en audience privée.

Le 26 juin 1967, il est nommé cardinal de San Cesareo in Palatio par Paul VI ce qui lui vaut le titre du plus jeune cardinal vivant puisqu’il n’avait que 47 ans.

Le 26 août 1978, suite au décès du pape Paul VI, le cardinal Karol Wojtyla participe à l’élection du futur pape. Albino Luciani fut alors élu sous le nom de Jean-Paul Ier. Ce dernier mourut toutefois 33 jours plus tard. Au bout du huitième scrutin, Karol Wojtyla fut élu pour le précéder le 16 octobre 1978. Son pontificat fut inauguré le 22 du même mois. Alors qu’il devait porter le nom du saint patron de la Pologne, il a décidé de s’appeler Jean-Paul II en continuité de ses prédécesseurs.

Un pape hors norme

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Jean-Paul II fut le premier pape slave de l’histoire et le premier qui n’était pas d’origine italienne depuis Adrien VI. Dans les premiers jours de son pontificat, il manifesta de nombreux changements comme le fait de préparer lui-même ses premiers discours ou encore le fait d’aller à la rencontre directe du public. Cela allait toutefois à l’encontre du protocole, mais il n’en a fait qu’à sa tête.

Son discours « N’ayez pas peur » qu’il a prononcé durant la messe inaugurale du 22 octobre 1978, marqua le début de son pontificat.

Il est le troisième pape à afficher l’un des plus longs pontificats.

Sa fin de vie

Selon les historiens, le pape Jean-Paul II bien qu’étant officiellement à la tête de l’église, ne l’aurait été que de titre pendant les cinq dernières années de sa vie à cause de sa santé fragile.

En effet, après l’attentat de 1981, il a subi six interventions chirurgicales dont une qui a duré dans les cinq heures de temps. Cela lui a fait perdre trois litres de sang. Lors de la transfusion, il a été contaminé par un cytomégalovirus ce qui l’a encore affaibli. Dans les années 1990, il a souffert de la maladie de Parkinson puis fut victime d’une tumeur de l’intestin. Une nouvelle opération fut de nouveau réalisée en 1992. Les chutes multiples qu’il a subies lui ont ensuite coûté une luxation de l’épaule et une fracture du col du fémur.

Il contracte une grippe en 2005 laquelle s’est transformée en laryngotrachéite aiguë accompagnée de crises de spasmes du larynx. Il est hospitalisé le 9 février 2005, sort puis est de nouveau hospitalisé le 23 février après une crise d’étouffement et une trachéotomie.

Le jour de Pâques, il a voulu prononcer une bénédiction qu’il s’était entraîné à dire depuis quelques jours, mais resta toutefois muet.

Le 31 mars, il subit un choc septique, une infection urinaire et un collapsus cardio-vasculaire. Il refuse une nouvelle hospitalisation. Le 2 avril, il fit ses adieux, un par un, à ses collaborateurs et se mit à écouter l’Évangile de Jean qu’une religieuse prononça. Dans la soirée, il tombe dans le coma pour s’éteindre le même jour à 21 h 37 au Vatican. Il était âgé de 84 ans et comptait en tout 9 673 jours de pontificat. Sur son certificat de décès, il est écrit qu’il a succombé à une insuffisance cardiaque et à un choc septique. Il fut enterré le 8 avril 2005 au Vatican.




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