Horace ACTE IV Scène III

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Horace ACTE IV Scène III

Horace par Pierre Corneille

Le vieil Horace

Ma fille, il n’est plus temps de répandre des pleurs;

Il sied mal d’en verser où l’on voit tant d’honneurs;

On pleure injustement des pertes domestiques,

Quand on en voit sortir des victoires publiques.

Rome triomphe d’Albe, et c’est assez pour nous;

Tous nos maux à ce prix doivent nous être doux.

En la mort d’un amant vous ne perdez qu’un homme

Dont la perte est aisée à réparer dans Rome;

Après cette victoire, il n’est point de Romain

Qui ne soit glorieux de vous donner la main.

Il me faut à Sabine en porter la nouvelle;

Ce coup sera sans doute assez rude pour elle,

Et ses trois frères morts par la main d’un époux

Lui donneront des pleurs bien plus justes qu’à vous;

Mais j’espère aisément en dissiper l’orage,

Et qu’un peu de prudence aidant son grand courage

Fera bientôt régner sur un si noble cœur

Le généreux amour qu’elle doit au vainqueur.

Cependant étouffez cette lâche tristesse;

Recevez-le, s’il vient, avec moins de faiblesse;

Faites-vous voir sa sœur, et qu’en un même flanc

Le ciel vous a tous deux formés d’un même sang.

Horace ACTE IV Scène III

La pièce de Théâtre Horace par Pierre Corneille.



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