Valentine

I

La partie sud-est du Berry renferme quelques lieues d’un pays singulièrement pittoresque. La grande route qui le traverse dans la direction de Paris à Clermont étant bordée des terres les plus habitées, il est difficile au voyageur de soupçonner la beauté des sites qui l’avoisinent. Mais à celui qui, cherchant l’ombre et le silence, s’enfoncerait dans un de ces chemins tortueux et encaissés qui débouchent sur la route à chaque instant, bientôt se révéleraient de frais et calmes paysages, des prairies d’un vert tendre, des ruisseaux mélancoliques, des massifs d’aunes et de Lire la suite...

II

C’était une femme petite et mince qui, au premier abord, semblait âgée de vingt-cinq ans; mais, en la voyant de près, on pouvait lui en accorder trente sans craindre d’être trop libéral envers elle. Sa taille fluette et bien prise avait encore la grâce de la jeunesse; mais son visage, à la fois noble et joli, portait les traces du chagrin, qui flétrit encore plus que les années. Sa mise négligée, ses cheveux plats, son air calme, témoignaient assez l’intention de ne point aller à la fête. Mais dans la petitesse de sa pantoufle, dans l’arrangement décent et Lire la suite...

III

Mais au bout de quelques pas, le bidet, naturellement peu taillé pour la course, se ralentit; l’humeur irascible de Bénédict se calma et fit place à la honte et aux remords, et M. Lhéry s’endormit profondément.

Ils suivaient un de ces petits chemins verts qu’on appelle, en langage villageois, traînes; chemin si étroit que l’étroite voiture touchait de chaque côté les branches des arbres qui le bordaient, et qu’Athénaïs put se cueillir un gros bouquet d’aubépine en passant son bras, couvert d’un gant blanc, Lire la suite...

IV

C’étaient des garçons de la même classe que Bénédict, sauf la supériorité de l’éducation qu’il avait sur eux, et dont ils étaient plus portés à lui faire un reproche qu’un avantage. Plusieurs d’entre eux n’étaient pas sans prétentions à la main d’Athénaïs.

—Bonne prise ! s’écria celui qui était monté sur un tertre pour découvrir l’arrivée des voitures; c’est mademoiselle Lhéry, la beauté de la Vallée-Noire.

—Doucement, Simonneau ! celle-là me revient; je lui fais la cour depuis un an. Par droit d’ancienneté, s’il vous plaît ! Lire la suite...

V

Valentine, après avoir remercié Bénédict par un salut gracieux, quitta la danse, et, se tournant vers la comtesse, elle comprit à sa pâleur, à la contraction de ses lèvres, à la sécheresse de son regard, qu’un orage couvait contre elle dans le cœur vindicatif de sa mère. M. de Lansac, qui se sentait responsable de la conduite de sa fiancée, voulut lui épargner les âcres reproches du premier moment, et, lui offrant son bras, il suivit avec elle, à une certaine distance, madame de Raimbault, qui entraînait sa belle-mère et se dirigeait vers le lieu où l’attendait sa calèche. Lire la suite...

VI

Tout à coup Valentine entendit un bruit sourd et prolongé semblable au roulement d’une voiture. Elle quitta le chemin, et se dirigea à travers un sentier vers le lieu d’où partait ce bruit, qui augmentait toujours, mais changeait de nature. Si Valentine eût pu percer le dôme de pommiers en fleurs où se glissaient les rayons de la lune, elle eût vu la ligne blanche et brillante de la rivière s’élançant dans une écluse à quelque distance. Cependant la fraîcheur croissante de l’atmosphère et une douce odeur de menthe lui révélèrent le rivage de l’Indre. Lire la suite...

VII

Bénédict se jette à bas de son cheval.

—Mademoiselle, s’écrie-t-il, je tombe à vos genoux. N’ayez pas peur de moi. Vous voyez bien qu’à pied je ne puis vous poursuivre. Daignez m’écouter un moment. Je ne suis qu’un sot; je vous ai fait une mortelle injure en m’imaginant que vous ne vouliez pas me comprendre; et comme en voulant vous préparer je ne ferais qu’accumuler sottise sur sottise, je vais droit au but. N’avez-vous pas entendu parler dernièrement d’une personne qui vous est chère ?

—Ah ! parlez, s’écria Valentine avec un cri parti du cœur. Lire la suite...

VIII

Valentine s’élança hors de la chambre. L’arrivée de M. de Lansac était pour elle un incident agréable; elle voulait lui faire prendre part à son bonheur; mais, à son grand déplaisir, Bénédict lui apprit qu’il l’avait dérouté en lui répondant qu’il n’avait pas entendu parler de mademoiselle de Raimbault depuis la fête. Bénédict s’excusa en disant qu’il ne savait pas quelles étaient les dispositions de M. de Lansac à l’égard de Louise. Mais au fond du cœur il avait éprouvé je ne sais quelle joie maligne à envoyer ce pauvre fiancé courir les champs au milieu Lire la suite...

X

En voyant paraître ce jeune homme dont elle se savait complice et qu’elle allait encourager, sous les yeux de sa grand’mère, à lui remettre un secret message, Valentine eut un remords. Elle sentit qu’elle rougissait, et le pourpre de ses joues alla se refléter sur celles de Bénédict.

—Ah ! c’est toi, mon garçon ! dit la marquise qui étalait sur le sofa sa jambe courte et replète avec des grâces du temps de Louis XV. Sois le bienvenu. Comment va-t-on à la ferme ? Et cette bonne mère Lhéry ? et cette jolie petite cousine ? et tout le monde ? Lire la suite...

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