Poésie Théophile Gautier

Un aveugle au coin d'une borne, Hagard comme au jour un hibou, Sur son flageolet, d'un air morne, Tâtonne en se trompant de trou,

Oui, l'oeuvre sort plus belle D'une forme au travail Rebelle, Vers, marbre, onyx, émail.

Là-bas, sous les arbres s'abrite Une chaumière au dos bossu ; Le toit penche, le mur s'effrite, Le seuil de la porte est moussu.

Tout amoureux, de sa maîtresse, Sur son coeur ou dans son tiroir, Possède un gage qu'il caresse Aux jours de regret ou d'espoir.

Voilà longtemps que je vous aime : – L'aveu remonte à dix-huit ans ! – Vous êtes rose, je suis blême ; J'ai les hivers, vous les printemps.

Quand je mourrai, que l'on me mette, Avant de clouer mon cercueil, Un peu de rouge à la pommette, Un peu de noir au bord de l'oeil.

On voit dans le Musée antique, Sur un lit de marbre sculpté, Une statue énigmatique D'une inquiétante beauté.

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