Poésies Adolescence clémentine

Recueils de poèmes

Poésies Clement Marot

Plaisir n’ay plus, mais vy en desconfort,
Fortune m’a remis en grand douleur:
L’heur que j’avoys, est tournée en malheur,
Malheureux est, qui n’a aulcun confort.

Fort suis dolent, et regret me remord,
Mort m’a osté ma Dame de valeur,
L’heur que j’avoys, est tourné en malheur:
Malheureux est, qui n’a aulcun confort.
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Quand j’entreprins t’escrire ceste lettre,
Avant qu’un mot à mon gré sceusse mettre,
En cent façons elle fut commencée:
Plustost escripte, et plustost effacée:
Soubdain fermée, et tout soubdain desclose,
Craignant avoir oublié quelcque chose,
Ou d’avoir mis aulcun mot à refaire:
Et briefvement, je ne sçavois que faire,
De l’envoyer vers toy (mon reconfort)
Car (pour certain) Doubte advertissoit fort
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Rondeau responsif à ung aultre,
qui se commenceoit,
Maistre Clement mon bon Amy.

En ung Rondeau sur le commencement
Ung vocatif, comme maistre Clement,
Ne peult faillir rentrer par Huys, ou Porte:
Aux plus sçavans Poëtes m’en rapporte,
Qui d’en user se gardent sagement.
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Des enfants sans soucy
Qui sont ceulx là, qui ont si grant envie
Dedans leur cueur, et triste marrisson,
Dont, ce pendant que nous somme en vie,
De maistre Ennuy n’escoutons la leçon?
Ilz ont grand tort, veu qu’en bonne façon
Nous consommons nostre florissant aage.
Saulter, dancer, chanter à l’advantage,
Faulx Envieulx, est ce chose qui blesse?
Nenny (pour vray) mais toute gentillesse,
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Où allez-vous, Anne ? que je le sache,
Et m’enseignez avant que de partir
Comme ferai, afin que mon oeil cache
Le dur regret du coeur triste et martyr.
Je sais comment ; point ne faut m’avertir
Vous le prendrez, ce coeur, je le vous livre ;
L’emporterez pour le rendre délivre
Du deuil qu’aurait loin de vous en ce lieu ;
Et pour autant qu’on ne peut sans coeur vivre
Me laisserez le vôtre, et puis adieu.

Poésies Adolescence clémentine
Clément Marot

Me souvenant de tes bontez divines
Suis en douleur, princesse, à ton absence ;
Et si languy quant suis en ta presence,
Voyant ce lys au milieu des espines.
Ô la doulceur des doulceurs femenines,
Ô cueur sans fiel, ô race d’excellence,
Ô traictement remply de violance,
Qui s’endurçist pres des choses benignes.

Si seras tu de la main soustenue
De l’eternel, comme sa cher tenue ;
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Adieu la cour, adieu les dames,
Adieu les filles et les femmes,
Adieu vous dis pour quelques temps,
Adieu vos plaisants passetemps ;
Adieu le bal, adieu la danse,
Adieu mesure, adieu cadence,
Tambourin, haubois et violons,
Puisqu’à la guerre nous allons.
Adieu les regards gracieux,
Messagers des coeurs soucieux ;
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Volontiers en ce mois ici
La terre mue et renouvelle.
Maints amoureux en font ainsi,
Sujets à faire amour nouvelle
Par légèreté de cervelle,
Ou pour être ailleurs plus contents ;
Ma façon d’aimer n’est pas telle,
Mes amours durent en tout temps.

N’y a si belle dame aussi
De qui la beauté ne chancelle ;
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devant le logis du seigneur Trivulse

Au Ciel n’y a ne Planette ne Signe
Qui si a point sceust gouverner l’Année
Comme est Lyon, la Cité, gouvernée
Par toy, Trivulse, homme cler et insigne.

Cela disons pour ta Vertu condigne
Et pour la joye entre nous demenee,
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