Vieille chanson du jeune temps

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(Last Updated On: 19 décembre 2015)
Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: ” Après ? ”

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;


J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
” Soit ; n’y pensons plus ! ” dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.

 

Les contemplations

Victor Hugo

Vieille chanson du jeune temps Les contemplations Poésie Victor Hugo

 Poésie Victor Hugo - Les contemplations - Vieille chanson du jeune temps -  Je ne songeais pas à Rose ; Rose au bois vint avec moi ;


  1. 25 février 2008 @ 11:29 lecomte

    vieille cchanson du jeune temps
    le titre du poeme est il une metaphore ou une autre figure de style

    Répondre


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