Un art qui, pour nous en tenir à

(Publié le 12 décembre 2011) (Mis à jour le: 5 juillet 2016)

Un art qui, pour nous en tenir à la France, a produit Polyeucte, Athalie, Tartuffe et le Mariage de Figaro, est un art civilisateur au premier chef, dont la portée est incalculable quand il a pour base la vérité, pour but la morale, pour auditoire le monde entier et c’est le monde entier qui nous écoute aujourd’hui. Nous ne convoquons plus comme nos maîtres une petite assemblée de lettrés, de délicats, d’oisifs aimables et spirituels, trop peu nombreux pour imposer leur opinion à leurs contemporains et forcés de soumettre à l’avenir la consécration de leurs jugements. Aujourd’hui, nous tenons sous notre parole, durant cent, deux cents, trois cents représentations, un public varié, mobile, ondulant, distrait, qui vient à nous, je le veux bien, entre deux gares, tout en bouclant sa malle, en regardant sa montre et en lisant la cote, mais des mœurs duquel nous faisons partie comme la vapeur l’électricité, qui ne peut plus se passer de nous parce qu’il ne sait plus rester chez lui, qui veut entendre parler parce qu’il ne sait plus lire, et à qui nous pouvons dire tout ce que nous voulons, car ce n’est pas lui, comme on le croit, qui nous impose son goût, c’est nous qui lui imposons le nôtre.

Préface du 18 avril 1868 du fils naturel. Alexandre Dumas fils. Une citation sur la peur





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