Remerciements

(Publié le 30 novembre 1999) (Mis à jour le: 30 novembre 1999)

 

REMERCIEMENTS

 

Que reste-t-il de mon enfance,

 

Reflets d’un âge fait d’insouciance,

 

Quand les coureurs du tour de France

 

Enflammaient toutes nos vacances.

 

Sprinteurs, rouleurs, fins pédaleurs,

 

Ces virtuoses du dérailleur,

 

Roulant groupés ou isolés,

 

Nos parts de rêve, exaltaient.

 

 

 

 

Vieilles images délavées,

 

Doux souvenirs des temps passés,

 

Où étonnés par leurs exploits,

 

Emerveillés, un rien pantois,

 

Nous admirions, parole aidant,

 

Elfes et géants du macadam,

 

Qui se battaient et s’opposaient,

 

En courses épiques à faire rêver!

 

 

 

Rappelez-vous, mes chers amis,

 

Parmi tant d’autres trop tôt partis

 

Des fiers Bobet et Bartali,

 

Du beau Koblet et de Coppi,

 

De ce mythique luxembourgeois

 

Qui gambadait comme un chamois,

 

Sur les sommets où il planait,

 

Tout près des dieux qui font réver.

 

 

 

Gracile éphèbe, grimpeur ailé,

 

Il dominait les surdoués.

 

Bravant l’orage, courbant les vents,

 

Comme le firent quelques titans,

 

Escaladant à vive allure,

 

Regard perçant, pâle figure,

 

Cimes et monts de blanc teintés,

 

Ange ou démon, je l'ai révé !

 

 

 

Venu d’un tout petit pays

 

C’est le Giro qui l’anoblit.

 

Monte Bondone l’a adoubé

 

Les Saint-Bernard ont confirmé!

 

Vainqueur des Alpes sous la pluie,

 

Dans la Chartreuse il s’est construit,

 

Diable et bon dieu réconciliés,

 

En ces hauts lieux ont cru rêver !

 

 

 

Divin archange, simple coursier,

 

Bien des louanges l’ont affirmé,

 

Seul, aérien, il triomphait !

 

Né Italien, belge ou français,

 

Dix ans durant, il eût vaincu,

 

Disent les temps qui l’ont connu!

 

Mais son destin s’est effrité,

 

Sans équipier, faut pas rêver !

 

 

 

Telles les choses de la vie

 

Les décennies qui ont suivi

 

Ont fait de lui un homme âgé.

 

2005, nous a peiné

 

Car le champion s’en est allé,

 

Au panthéon des grands anciens,

 

Retrouver quelques bons copains,

 

Porteurs de rêves, hélas, éteints.

 

 

 

Ecoutez bien et regardez,

 

Vous qui un jour l’avez aimé,

 

Du Galibier au froid Granier,

 

Des Dolomites aux Pyrénées,

 

L’adolescent, premier de cordée

 

Une dernière fois s’est envolé.

 

Adieu Charly, soit remercié

 

Toi qui ma vie, m’as fait rêver.

 

 

M.E alias P.M

 




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