Onzième vision

Dans  La Chute d’un Ange,  Poésie Alphonse de Lamartine
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A chaque acte infernal de ce lugubre drame,
Le visage des dieux montrait leur joie infâme.
On lisait sur leurs fronts, moites de cruauté,
Que- la douleur humaine était leur volupté,
Et plus ce jeu féroce outrageait la nature,
Plus l’applaudissement égalait la torture.
Des battements de mains la salle s’ébranlait.
Du féroce Nemphed le front seul se voilait.
Distrait, et sur les yeux la paupière abaissée,
Il roulait dans son front quelque lourde pensée.
Son empire glissant lui pesait dans la main,
Et son règne d’un jour penchait sans lendemain.

« Monté, se disait-il pendant l’horrible fête,
Monté de ruse en ruse à ce sublime faîte,
En équilibre ainsi mon pied s’y tiendra-t-il?
A de telles hauteurs tout vent est un péril.
Sous l’adoration tout oeil cache l’envie ;
Toute haine mesure et dévore ma vie.
J’ai calmé jusqu’ici ce flot d’ambition
En jetant une proie à chaque passion :
Dans les plaisirs nouveaux où ma ruse les vautre,
J’ai, pour les amortir, opposé l’un à l’autre ;
Et, comme d’une voûte en butant les parois,
L’architecte soutient par le seul contre-poids
Ces grands blocs menaçants suspendus sur le vide,
Je marche en frémissant sous la voûte perfide
De haines, de complots et de rivalité,
Que soutient- un moment ma seule habileté,
Mais dont un seul regard, un seul mot, un seul geste,
Détachant une pierre, entraînerait le reste,
Et sous mon édifice écraserait mon front.
D’obéir à mes lois tous ils s’empresseront
Tant que, tenus par moi dans une ardente lutte,
Ils craindront, moi tombant, de tomber de ma chute ;
Qu’ils croiront de mon règne avoir chacun leur part ;
Que leurs ambitions me feront un rempart ;
Et que, pour m’assurer leurs bras et leurs services,
J’aurai plus d’aliments qu’eux-mêmes n’ont de vices !

« En endormant ainsi leurs désirs assouvis,
J’achète d’un forfait chaque heure que je vis :
Mais leur instinct de sang, leur soif de tyrannie,
A la fin, je l’avoue, épuisent mon génie ;
Ils ont plus de désirs que leur cœur de forfait.
S’ils s’éveillent un jour, du repos c’en est fait !
Si d’espoir en espoir et d’orgie en orgie
Je cessais d’enchaîner leur brutale énergie,
Mon trône sous leurs pieds croulerait en débris.
Déjà de ma grandeur ils marchandent le prix ;
Déjà, sous le respect masquant leur insolence,
De sourdes factions trament dans leur silence.
Des coups d’oeil, des sourcils, d’obscurs chuchotements,
D’un pouvoir qui s’ébranle intimes craquements,
M’indiquent qu’il est temps, sous cette onde dormante,
De remuer du doigt la vase qui fermente,
Si je ne veux laisser le miasme mortel
S’échapper pour ma perte et gronder sur l’autel !

« Asrafiel, lui surtout, m’inquiète et m’ombrage !
Je ne sais quel dégoût obscurcit son visage…
Les dieux inférieurs tremblent tous devant lui
II serait mon vainqueur s’il n’était mon appui.
Contre ses attentats son vice me protége ;
Son imbécillité se prend vite à tout piége,
Pourvu que des soupirs l’y fassent trébucher ;
Par un nouvel appât tâchons de l’allécher :
Aux mains de la beauté mettons sur lui les rênes,
Jetons pour l’enflammer ce charbon dans ses veines ;
Il ne tentera rien tant qu’il espérera,
De ce poison subtil tant qu’il s’enivrera.
Vil marchepied du trône où sa mollesse aspire,
Que ce chien ronge un os, il oublie un empire !… »

Ainsi de sa grandeur Nemphed cuvait le fiel.
Puis d’un regard oblique effleurant Asrafiel,
Et feignant l’abandon d’une demi-pensée
Dans des âmes d’amis négligemment versée :
« Soutiens de mon pouvoir, dit-il à haute voix,
Esclaves d’un seul maître, oui, mais esclaves rois !
Le peuple, qu’agitait la voix de son prophète,
Va ramper quelque temps comme un serpent sans tête
Qui fait frémir encor la poudre du sillon,
Mais qui remue en vain et n’a plus d’aiguillon.
Le cœur de tout ce peuple était dans sa poitrine ;
Son venin dans leur sang meurt avec sa doctrine.
Nous allons de leur sein, du coup déconcerté,
Extirper et jeter au vent la liberté,
Et d’une égalité criminelle, insensée,
Jusqu’en son germe impie étouffer la pensée !
Mais le germe infernal implanté dans le cœur
Du pied qui l’écrasa renaît toujours vainqueur.
Pour l’arracher de là nos tortures sont vaines ;
On dirait que le sang le roule dans les veines ;
Il n’est à cc venin qu’un seul contre-poison :
C’est l’abrutissement de l’humaine raison ;
C’est l’éblouissement e ces races esclaves
Qui leur fait à genoux adorer leurs entraves :.
Pour être plus grands qu’eux, tenons-les à genoux !
Ne les laissons jamais se mesurer à nous ;
Dépassons-les du front ainsi que des idées ; . .
Que nos membres divins, mesurés par coudées,
Leur impriment toujours le respect par les yeux.
Tous leurs sens ’leur diront que nous sommes leurs dieux.
Notre premier prestige est la beauté divine ;
Mais depuis quelque temps cette force décline ;
De la nature en nous je ne sais quel affront
Presque au niveau des leurs abaisse notre front ;
La force des géants décroît avec leur nombre,
Des Titans d’autrefois nous ne sommes qu’une ombre.
La majesté du ciel pâlit dans notre aspect,
Et l’oeil déçu commence à douter du respect.
Les empoisonnements, les meurtres et la guerre
Ont éclairci les rangs des maîtres de la terre,
Tandis que de sa fange un peuple plus nombreux
Ose pour les compter lever les yeux sur eux,
Et du temple énervé que notre bras décime
Avec étonnement voit décroître la cime.
Tremblons qu’à cet aspect de dégradation,
Il n’en tente plus tard la profanation,
Que notre abaissement ne lui soit une amorce,
Et qu’à notre faiblesse il ne sente sa force.
Si ce jour se levait jamais, malheur à nous !
La poudre de nos pieds nous engloutirait tous ;
Et de la liberté l’audacieux génie
Ferait sur les tyrans crouler la tyrannie !…

« Mais la fatalité, ce seul dieu du plus fort,
Et surtout mon adresse écarteront ce sort.
Les secrets du pouvoir sont audace et prestige ;
Nous ferons à propos éclater le prodige ;
Nous les éblouirons pour mieux les asservir.
La nature a changé ses lois pour nous servir ;
Elle nous a livré, dans sa magnificence ;
Deux êtres où la terre épuisa sa puissance,
Ravissement des yeux, chef-d’œuvre de ses mains ;
Beauté qui fait pâlir la beauté des humains,
Et dont le fier aspect et la grâce suprême
Feraient fléchir d’amour les genoux des dieux même !
Sur l’autel où languit la superstition
Exposons-les au peuple en adoration :
Que de nos majestés l’homme soit le symbole ;
Que la femme par nous transformée en idole,
Et recevant ici l’encens de nos autels,
Soit la beauté des dieux révélée aux mortels !
Contre de tels attraits le cœur même est sans armes ;
La persuasion coulera de ses charmes,
Et ce peuple, sur lui la voyant resplendir,
De toute sa beauté nous sentira grandir ! »

Des applaudissements partirent de la tourbe.

« Mais ce n’est pas assez, continua le fourbe ;
Il faut dans mes desseins que cet être charmant
D’un prestige plus sûr devienne l’instrument ;
Que ma bonté, l’offrant en espoir aux plus braves,
La donne pour épouse à mes heureux esclaves ;
Qu’il sorte de ses flancs un type colossal
Où s’ennoblisse encor la race de Baal !
Nous préviendrons ainsi que du rang où nous sommes
La race des géants tombe au niveau des hommes..
Pour mon amour jaloux je pourrais la garder ;
Mais aux vœux d’un de vous je daigne l’accorder.
Ma volonté sévère est l’empire du monde ;
C’est l’hymen d’un héros qui la rendra féconde ;
Des exploits glorieux pour mon trône entrepris,
Qu’elle soit pour lui seul et le but et le prix ! »

Il se tut : enflammant la débauche engourdie,
L’huile brûlante ainsi tombait sur l’incendie ;
D’astucieux projets perfides confidents,
Les géants renfermaient leur pensée en dedans,
Approuvaient du regard, mais cherchaient dans leur âme
Sous le poli du fer le tranchant de la lame.

Cependant, comme, à l’heure où s’approchent les nuits,
Les pâtres du désert assis au bord des puits,
Rappelant les chameaux de la plaine stérile,
Font passer devant eux leur troupeau qui défile,
Tandis qu’à côté d’eux les nombreux serviteurs
Dénombrent les petits au maître des pasteurs :
Ainsi du roi des dieux pour réjouir la vue,
De son peuple avili l’innombrable revue,
Courbant sous un seul doigt mille fronts asservis,
Défilait lentement par les sacrés parvis.
Sur le marbre où la foule avec respect s’appuie,
Ses pas silencieux ressemblaient à la pluie
Qui, découlant sans bruit sur les feuilles des bois,
A peine en fait frémir les sonores parois.
S’étendant, serpentant comme une énorme queue,
L’épaisse immensité se déroulait par lieue.
D’implacables pasteurs, des sceptres dans leurs mains,
Menaient, en les frappant, ces longs troupeaux humains ;
Serendyb de la voix les dénombrait : leur foule
Descendait, remontait en ondoyante houle
Que fait enfler sans fin le lit des océans ;
Écume qui fumait aux pieds de ces ’géants.
Leur avilissement, empreint dans leur posture,
De leurs profanateurs révélait l’imposture.
Ils ne redressaient pas leur front horizontal
Comme un homme qui voit dans l’homme son égal ;
Leurs pieds ne portaient pas leur corps droit sur sa base.
Comme la brute immonde, et qu’un lourd bât écrase,
Sous les verges de fer dont les bouts les frappaient,
Humiliant le front en passant ils rampaient.
On sentait qu’énervés jusqu’à la pourriture
Ils avaient dans leur moelle abdiqué leur nature,
Et descendu le vice à ce dernier degré
Où ce qui nous dégrade à nos yeux est sacré !…

Ils passaient, séparés en innombrables groupes.
De vieillards décharnés d’abord d’affreuses troupes,
Vieux restes insultés, vils rebuts de troupeau,
Dont les os mutilés perçaient souvent la peau.
De noirs lambeaux troués, et souillés de vermines,
Par leurs mains retenus, laissaient voir leurs ruines.
Leurs côtes se comptaient sur leurs flancs amaigris ;
Et les contours des seins, depuis longtemps taris,
Faisaient seuls reconnaître, à leurs ondes ridées,
Les mères sans enfants aux mamelles vidées.
Comme le vent d’hiver chasse à demi fondus
De blancs flocons de neige aux fanges confondus,
Où l’arbre a secoué les débris de ses branches,
Ainsi se déroulaient ces mille toisons blanches,
Qui laissaient entrevoir des crânes dépouillés,
Et les vieux dos sans chair des corps agenouillés.

Les dieux les bafouaient de paroles amères,
Sans penser que peut-être ils insultaient leurs mères ;
Un oeil cruel et froid les jugeait en passant.
Dans leurs veines à sec on calculait le sang ;
Et quand, à la langueur de sa morne attitude,
Aux signes précurseurs de la décrépitude,
On jugeait qu’un vieillard, par la peine vaincu,
Pour servir et souffrir avait assez vécu,
Comme on traîne aux égouts des carcasses immondes,
Séparé des vivants, on le jetait aux ondes ;
Et de leur proie humaine avertis par ses cris,
Les chiens sur le rivage attendaient les débris !
Par ceux qui s’avançaient au milieu de la vie
La troupe décharnée était bientôt suivie,
De ces cruels pasteurs fort et rude bétail,
Dévoué par le fouet aux sueurs du travail ;
Hommes, femmes, groupés, confondus pêle-mêle,
Comme le bœuf ou l’âne, ou la brute qui bêle,
Sevrés de ces instincts, de ces doux sentiments,
Des cœurs liés par Dieu délicieux aimants,
Ne connaissant entre eux ni fils, ni sœur, ni frère,
Pouvant fouler leur mère ou coudoyer leur père,
Sans qu’au fond de leur cœur la tendresse parlât,
Ou que la parenté du sang s’y révélât.

Nulle audace en leurs cœurs ne naissait de leur nombre ;
Ils semblaient de leurs corps vouloir rétrécir l’ombre ;
Ils étaient séparés, au gré de leurs tyrans,
Selon leur aptitude, en métiers différents.
Les uns, le dos courbé, s’accouplant de lanières,
Traînaient les chars pesants dans les rudes ornières ;
Ou, comme des taureaux saignants de l’aiguillon,
Fumaient sous le soleil dans le feu du sillon.
A leurs corps déchirés par d’horribles supplices,
Les yeux reconnaissaient leurs ignobles services ;
L’habitude pliait leurs têtes et leurs cous,
Et leurs nuques gardaient les traces de leurs jougs.
Les autres, pour tailler ou pour scier les pierres,
Du marbre ou du porphyre excavaient les carrières ;
Et, pour les soulever sous leurs corps en piliers,
Écrasés sous les blocs périssaient par milliers.
Bien des membres manquaient a ces bêtes de somme ;
Leur corps n’était souvent que la moitié d’un homme.

Ceux-là, dressés par l’art à fondre les métaux,
A ciseler le bronze, à tailler les cristaux,.
A forger en acier le glaive sur l’enclume,
A tisser en duvets ou la soie ou la plume,
A souffler dans l’airain des vents mélodieux
Pour enivrer de sons les oreilles des dieux ;
A nuancer du doigt, sur les murailles peintes,
Pour leurs yeux enchantés, de merveilleuses teintes ;
A donner, sous l’effort de leurs habiles mains,
Au marbre le visage et les contours humains ;
A lécher, en rampant, sous leur langue avilie,
Des pavés de leurs dieux la surface polie ;
A découvrir la perle, à. recueillir l’encens,
Inventeurs d’autant d’arts que le corps a de sens.

A ces travaux divers plié par l’habitude,
Chacun de son métier conservait l’attitude ;
On voyait qu’avec soin ces êtres abrutis
En outils animés étaient tous convertis,
Et que sous leurs tyrans l’imbécile esclavage
De l’image de Dieu faisait un vil rouage !
Il passaient, ils passaient, squelettes de la faim,
L’instrument de leur art élevé dans la main.
Les dieux les regardaient, foule immonde et grossière,
Comme le haut rocher voit passer la poussière :
Distraits, d’un coup d’oeil même ils ne recueillaient pas
Cette adoration qui montait de si bas.

Subalternes tyrans commis à cet usage,
Des dieux inférieurs les comptaient au passage.
Par leur œuvre et leur nom ils les connaissaient tous ;
Mais, quand ils leur parlaient, leur langue était des coups.
Pour mieux dompter le corps, ils persécutaient l’âme.
S’ils voyaient se former entre l’homme et la femme
Un de ces forts liens, un de ces saints amours
Qui, pénétrant les cœurs, les joignent pour toujours,
De peur que ce lien que la nature serre
Ne fît naître les noms de fils, d’époux, de père,
Ils arrachaient la femme aux bras de son époux
Pour qu’aucun ne connût le fruit commun à tous.

C’était le peuple. Après cette innombrable armée,
De tout rang, de tout art, de tout sexe formée,
Ainsi qu’une saison suit l’autre dans son temps,
Marchait l’immense essaim des vierges ; doux printemps
Qu’attendait pour faner ses roses matinales
Le souffle empoisonneur des grandes bacchanales.
De longs voiles flottants qui traînaient sur leurs pas
Ornaient sans les cacher leurs pudiques appas.
Des instruments plus doux, qui vibraient en cadence,
Imprimaient à leurs pieds la grâce d’une danse ;
La musique réglait leurs génuflexions ;
Leur file déroulait ses mille inflexions.
Telle on voit en automne une immense avenue
De pâles peupliers élancés vers la nue,
Sous l’aquilon qui passe ensemble s’abaisser,
Et comme un seul roseau soudain se redresser,
Telles, en s’écoulant dans la divine enceinte,
Ces vierges s’inclinaient sous la volonté sainte.
Sur les tendres beautés victimes de leurs choix
Les dieux jetaient l’horreur en étendant leurs doigts.

Par des mères d’emprunt, devant les dieux conduite,
La foule des enfants, hélas ! venait ensuite ;
Misérable troupeau que chaque jour mêlait,
Que l’on faisait changer et de mère et de lait,
De peur que, s’attachant à ce fils éphémère,
La nourrice pour lui ne prît un cœur de mère.
Depuis l’âge où leurs dents tombent pour repousser
Jusqu’à l’âge où, cherchant la mamelle à. sucer,
Suspendus à l’épaule ou sur les bras qu’on tresse,
Ils n’ont que le sourire ou le cri de détresse,
Cherchant encor l’aplomb de leurs pieds chancelants,
Groupes de molles chairs et de beaux membres blancs,
Muets devant les dieux, ils passaient sans haleine.
Tels que de blancs agneaux à leur première laine,
S’enchevêtrant sur l’herbe aux appels du pipeau,
Se traînent en bêlant derrière le troupeau,
Tels venaient les derniers, dans l’humaine revue,
Ces fruits piqués au cœur de la race déchue.
Et l’écho stupéfait du morne monument
Après eux répétait un long vagissement !

Le peuple avait coulé tout entier comme un fleuve.
Voilà ce qui restait de cette race neuve
Dont le bassin du monde avait été rempli !
Voilà ce que de Dieu le criminel oubli
Et l’adoration des viles créatures
Avaient fait de la chair tombée en pourritures !
Voilà, quand Dieu sondait cet abîme profond
Où l’homme était tombé, ce qu’il voyait au fond !
Ainsi de l’Océan quand le niveau s’abaisse,
Dans le cloaque impur que sa retraite laisse
L’oeil découvre effrayé, sur le rivage à nu,
Les mystères d’horreur de son lit inconnu :
De grands amas de fange et des marais immondes
Dont le croupissement a corrompu les ondes,
Où le monstre marin dans la vase échoué
Expire, où le reptile au reptile est noué,
Où, foulant le limon que son museau secoue,
L’hippopotame seul exulte dans la boue
Lorsque cette poussière eut tombé sous leurs yeux,
Nemphed d’un seul regard congédia les dieux,
Et rentra pour dormir dans la tour inconnue,
Comme la foudre rentre et couve dans la nue.



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