Ode

(Publié le 5 novembre 2006) (Mis à jour le: 8 mai 2014)

Un fier démon, qui me menace

De son triste et funeste accent,

Contre mon amour innocent

Gronde la haine et la disgrâce.

On m'apporte que tes yeux,

Dans leurs paupières languissantes,

N'avaient plus ces flammes puissantes

Qui blessaient les âmes des dieux.

Nature est vraiment hardie

Et le sort bien faux et malin

D'assujettir le sang divin

A l'effort d'une maladie.

En détestant ses cruautés,

Quelque peu qu'il m'en divertisse,

Je crie contre l'injustice

Que le Ciel fait à tes beautés.

Depuis ce malheureux message,

Qui m'a privé de tout repos,

La tristesse a mis dans mes os

Un tourment d'amour et de rage.

Malade au lit d'où je ne sors,

Je songe que je vois la Parque,

Et que dans une même barque

Nous passons le fleuve des morts.

Si tu te deuils de mon absence,

C'est un supplice d'amitié,

Qui mérite autant de pitié

Qu'elle a de peine et d'innocence.

Je mourrai si tu meurs pour moi,

Autrement je serais bien traître,

Puisque le sort ne m'a fait naître

Que pour mourir avecque toi.




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