Le philosophe et le chat-huant

(Publié le 14 octobre 2006) (Mis à jour le: 28 décembre 2015)
Persécuté, proscrit, chassé de son asile,
Pour avoir appelé les choses par leur nom,
Un pauvre philosophe errait de ville en ville,
Emportant avec lui tous ses biens, sa raison.
Un jour qu’il méditait sur le fruit de ses veilles,
C’était dans un grand bois, il voit un chat-huant
Entouré de geais, de corneilles,
Qui le harcelaient en criant :
C’est un coquin, c’est un impie,
Un ennemi de la patrie ;


Il faut le plumer vif : oui, oui, plumons, plumons,
Ensuite nous le jugerons.
Et tous fondaient sur lui ; la malheureuse bête,
Tournant et retournant sa bonne et grosse tête,
Leur disait, mais en vain, d’excellentes raisons.
Touché de son malheur, car la philosophie
Nous rend plus doux et plus humains,
Notre sage fait fuir la cohorte ennemie,
Puis dit au chat-huant : pourquoi ces assassins
En voulaient-ils à votre vie ?
Que leur avez-vous fait ? L’oiseau lui répondit :
Rien du tout ; mon seul crime est d’y voir clair la nuit.

 

Les Fables Livre 4

Jean-Pierre Claris de Florian

Le philosophe et le chat-huant Les Fables Livre 4 Poésie Jean-Pierre Claris de Florian

 Poésie Jean-Pierre Claris de Florian - Les Fables Livre 4 - Le philosophe et le chat-huant -  Persécuté, proscrit, chassé de son asile, Pour avoir appelé les choses par leur nom,



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