Le parricide

(Publié le 14 octobre 2006) (Mis à jour le: 28 décembre 2015)
Un fils avait tué son père.
Ce crime affreux n’arrive guère
Chez les tigres, les ours ; mais l’homme le commet.
Ce parricide eut l’art de cacher son forfait,
Nul ne le soupçonna : farouche et solitaire,
Il fuyait les humains, il vivait dans les bois,
Espérant échapper aux remords comme aux lois.
Certain jour on le vit détruire à coups de pierre
Un malheureux nid de moineaux.
Eh ! Que vous ont fait ces oiseaux ?


Lui demande un passant : pourquoi tant de colère ?
Ce qu’ils m’ont fait ? Répond le criminel :
Ces oisillons menteurs, que confonde le ciel,
Me reprochent d’avoir assassiné mon père.
Le passant le regarde ; il se trouble, il pâlit,
Sur son front son crime se lit :
Conduit devant le juge, il l’avoue et l’expie.
Ô des vertus dernière amie,
Toi qu’on voudrait en vain éviter ou tromper,
Conscience terrible, on ne peut t’échapper !

 

Les Fables Livre 3

Jean-Pierre Claris de Florian

Le parricide Les Fables Livre 3 Poésie Jean-Pierre Claris de Florian

 Poésie Jean-Pierre Claris de Florian - Les Fables Livre 3 - Le parricide -  Un fils avait tué son père. Ce crime affreux n'arrive guère



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