L’automne ou les satyres

(Publié le 13 septembre 2006) (Mis à jour le: 23 décembre 2015)
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Hier j’ai rencontré dans un sentier du bois
Où j’aime de ma peine à rêver quelquefois,
Trois satyres amis ; l’un une outre portait
Et pourtant sautelait, le second secouait
Un bâton d’olivier, contrefaisant Hercule.
Sur les arbres dénus, car Automne leur chef
A terre a répandu, tombait le crépuscule.
Le troisième satyre, assis sur un coupeau,
De sa bouche approcha son rustique pipeau,
Fit tant jouer ses doigts qu’il en sortit un son


Et menu et enflé, frénétique et plaisant :
Lors ses deux compagnons, délivres se faisant,
De l’outre le premier et l’autre du bâton,
Dansèrent, et j’ai vu leurs pieds aux jambes tortes,
Qui, alternés, faisaient voler les feuilles mortes.

Enone au clair visage
Jean Moréas

L’automne ou les satyres Enone au clair visage Poésie Jean Moréas

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