L’absence

(Mis à jour le: 8 mai 2014)
 
Huit jours sont écoulés depuis que dans ces plaines
Un devoir importun a retenu mes pas.
Croyez à ma douleur, mais ne l'éprouvez pas.
Puissiez-vous de l'amour ne point sentir les peines!
Le bonheur m'environne en ce riant séjour.


De mes jeunes amis la bruyante allégresse
Ne peut un seul moment distraire ma tristesse;
Et mon cœur aux plaisirs est fermé sans retour.
Mêlant à leur gaîté ma voix plaintive et tendre,
Je demande à la nuit, je redemande au jour
Cet objet adoré qui ne peut plus m'entendre.

Loin de vous autrefois je supportais l'ennui;
L'espoir me consolait : mon amour aujourd'hui
Ne sait plus endurer les plus courtes absences.
Tout ce qui n'est pas vous me devient odieux.
Ah! vous m'avez ôté toutes mes jouissances;
J'ai perdu tous les goûts qui me rendaient heureux.
Vous seule me restez, ô mon Eléanore!
Mais vous me suffirez, j'en atteste les dieux;
Et je n'ai rien perdu, si vous m'aimez encore.

'Poésies érotiques' (1778)




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