La cage d’escalier

(Publié le 30 novembre 1999) (Mis à jour le: 8 mai 2014)

Comme une fleur flétrie

Une orange pourrie

Qui monte et descend

Sans fin l’escalier

Mais feint parfois

 

De s’arrêter

A tel ou tel étage

On s’accroche à la rampe

De bois clair

Guetteur de toutes

Les résonances

Imaginaires ou pleines

D’étrange vérité

Ici le temps semble contraint

A virevolter jusqu’à

Ce que tremble la main

Toujours mal assurée

On se dit à soi-même

Qu’as-tu vu dans l’ombre

Du palier du troisième

Qu’est devenu

Le paillasson du premier

Lassitude et vérité

Sur les marches nous guettent

Dressées dans l’ombre

Comme des vigiles

Qu’on aimerait leurrer

Mais qui se complaisent

Au jeu de l’amitié

Que l’on sait fallacieuse

Et n’ont de cesse de scruter

Nos heures douloureuses

La cage d’escalier

Regorge de visages

Et d’images grimaçantes

Parfois monstrueuses

Qui montent la garde

Frapper aux portes

Est peine perdue

Démarche hasardeuse

Toujours incongrue

Alors on descend

Puis on remonte

A défaut de tourner en rond

Le sol en contrebas

Se revêt des couleurs

Fadasses du plafond

On ajuste la veste

Et puis le pantalon

On redoute comme une peste

Le craquement des souliers

On rêve d’écrire sur la page du ciel

Entraperçu

A l’heure du lever

On écoute le vent

Qui parcourt le monde

Extérieur

Et ressemble à une onde

Indiscrète et blasée

On redescend enfin

Jusqu’à la porte d’entrée

Qui reste à jamais close

Et qu’on cherche à ouvrir

Sur la réalité

Fragile

Insaisissable

Mais on en a perdu la clé

Jacques Herman

2010

 




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