Je crois que tout mon lit de chardons est semé

(Mis à jour le: 6 janvier 2016)
Je crois que tout mon lit de chardons est semé !
Qu’il est rude et malfait. Hé ! Dieu suis-je si tendre
Que je n’y puis durer ? je ne fais que m’étendre,
Et ne sens point venir le Somme accoutumé.

Il est après mi-nuit, je n’ai pas l’oeil fermé,
Et mes membres lassés repos ne peuvent prendre.
Sus Phebus, lève-toi ! ne te fais plus attendre.
Et de tes clairs regards rends le ciel allumé.

Que la nuit m’importune, et m’est dure et contraire !
Mais pourtant c’est en vain, ô Phebus, que j’espère


D’avoir plus de clarté par ton nouveau retour :

Car je serai couvert d’une effroyable nue,
Tant qu’un plus beau soleil, qui me cache sa vue,
Vienne luire à Paris et m’apporte le jour.

 

Les amours d’Hippolyte

Philippe Desportes

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