Car, ayant considéré les

(Publié le 27 mars 2011) (Mis à jour le: 21 septembre 2017)
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Car, ayant considéré les

choses comme des moyens, ils

ne pouvaient pas croire

qu’elles se fussent faites

elles-mêmes; mais, pensant

aux moyens qu’ils ont

l’habitude d’agencer pour

eux-mêmes, ils ont dû

conclure qu’il y a un ou

plusieurs maîtres de la

Nature, doués de la liberté

humaine qui ont pris soin de

tout pour eux et qui ont

tout fait pour leur

convenance. Or, comme ils

n’ont jamais eu aucun

renseignement sur le naturel

de ces êtres, ils ont dû en

juger d’après le leur, et

ils ont ainsi admis que les

Dieux disposent tout à

l’usage des hommes, pour se

les attacher et être

grandement honorés par eux.

D’où il résulta que chacun

d’eux, suivant son naturel

propre, inventa des moyens

divers de rendre un culte à

Dieu, afin que Dieu l’aimât

plus que tous les autres et

mît la Nature entière au

service de son aveugle désir

et de son insatiable

avidité. Ainsi, ce préjugé

est devenu superstition et a

plongé de profondes racines

dans les esprits; ce qui fut

une raison pour chacun de

chercher de toutes ses

forces à comprendre les

causes finales de toutes

choses et à les expliquer.

Mais en voulant montrer que

la Nature ne fait rien en

vain

c’est-à-dire qui ne soit à

l’usage des hommes, ils

semblent avoir uniquement

montré que la Nature et les

Dieux délirent aussi bien

que les hommes.

L’Ethique

Une citation de Baruch Spinoza




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