Poète Louis Bouilhet

Dernières chansons

À moi seul !… pour moi seul !… Oh ! toute ma pensée Fixe, ardente et jalouse, allait, en frémissant, Vers cette fleur de pourpre, à ta gorge placée         Comme une goutte de ton sang ;  

Amis, je veux me perdre au fond du bois sonore. La lune des sentiers argente le gazon ; Et, comme dans la coupe un vin qui s’évapore, Déjà monte la brume aux bords de l’horizon. La bruyante cité, près du fleuve étendue, Allonge ses grands ponts comme des bras sur l’eau. Tout soupire et s’endort…

Les musiciens. Le soir a tendu ses voiles. Éveillons, à petit bruit, La plus blanche des étoiles Qui manque au front de la nuit.  

Oh ! serait-ce vrai, ma belle, Ce qu’un prêtre m’a conté, Qu’une torture éternelle Suit la douce volupté, Que la blanche main des femmes Sans cesse attire nos âmes Au fond des gouffres ardents, Et qu’au ténébreux empire On doit payer un sourire Par des grincements de dents ?  

Mai sourit au firmament, Mai, le mois des douces choses ; Ton aveu le plus charmant Est venu le jour des roses.  

Soldat libre, au léger bagage, J’ai mis ma pipe à mon chapeau, Car la milice où je m’engage N’a ni cocarde ni drapeau.  

Sonnet  Quoi ! Sans te soucier de l'océan qui gronde, Tu veux ta place à bord, sur mon vaisseau perdu ; Et pour dire à Colomb qu'il a trouvé son monde, Tu n'attends pas, enfant, qu'il en soit revenu !  

  Quand chassés, sans retour, des temples vénérables, Tordus au vent de feu qui soufflait du Thabor, Les grands olympiens étaient si misérables Que les petits enfants tiraient leur barbe d'or ;  

Sous des déguisements divers, Plâtre ou fard, selon ton envie, Masque tes mœurs, cache ta vie, Sois honnête homme, en fait de vers !  

textes

Quoi ! tu raillais vraiment quand tu disais : Je t’aime. Quoi ! tu mentais aussi ? Pauvre fille, à quoi bon ? Tu ne me trompais pas, tu te trompais toi-même. Pouvant avoir l’amour, tu n’as que le pardon.    

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