Poésie Victor Hugo

L'année terrible

Je ne veux condamner personne, ô sombre histoire. Le vainqueur est toujours traîné par sa victoire Au-delà de son but et de sa volonté ; Guerre civile ! ô deuil ! le vainqueur emporté Perd pied dans son triomphe et sombre en cette eau noire Qu'on appelle succès n'osant l'appeler gloire.  

L'année terrible

Je n'ai pas de palais épiscopal en ville, Je n'ai pas de prébende et de liste civile, Nul temple n'offre un trône à mon humilité, Nul suisse en colonel ne brille à mon côté, Je ne me montre pas aux gros yeux des ganaches Sous un dais, à ses coins ayant quatre panaches ;  

L'année terrible

LE VIEUX MONDE Ô flot, c'est bien. Descends maintenant. Il le faut. Jamais ton flux encor n'était monté si haut. Mais pourquoi donc es-tu si sombre et si farouche ? Pourquoi ton gouffre a-t-il un cri comme une bouche ? Pourquoi cette pluie âpre, et cette ombre, et ces bruits, Et ce vent noir soufflant…

L'année terrible

Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable. Entend-il murmurer la forêt vénérable ? Regarde-t-il les fleurs ? regarde-t-il les cieux ? Il songe. La nature au front mystérieux Fait tout ce qu'elle peut pour apaiser les hommes ; Du coteau plein de vigne au verger plein de pommes

L'année terrible

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ? – Oui. J'ai mis le feu là. – Mais c'est un crime inouï ! Crime commis par toi contre toi-même, infâme ! Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme ! C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !  

L'année terrible

Vous eûtes donc hier un an, ma bien-aimée. Contente, vous jasez, comme, sous la ramée, Au fond du nid plus tiède ouvrant de vagues yeux, Les oiseaux nouveau-nés gazouillent, tout joyeux De sentir qu'il commence à leur pousser des plumes. Jeanne, ta bouche est rose ; et dans les gros volumes Dont les images font…

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