Poésie Victor Hugo

L'année terrible

Je ne veux condamner personne, ô sombre histoire. Le vainqueur est toujours traîné par sa victoire Au-delà de son but et de sa volonté ; Guerre civile ! ô deuil ! le vainqueur emporté Perd pied dans son triomphe et sombre en cette eau noire Qu'on appelle succès n'osant l'appeler gloire.  

Je n'ai pas de palais épiscopal en ville, Je n'ai pas de prébende et de liste civile, Nul temple n'offre un trône à mon humilité, Nul suisse en colonel ne brille à mon côté, Je ne me montre pas aux gros yeux des ganaches Sous un dais, à ses coins ayant quatre panaches ;  

Est-il jour ? Est-il nuit ? horreur crépusculaire ! Toute l'ombre est livrée à l'immense colère. Coups de foudre, bruits sourds. Pâles, nous écoutons. Le supplice imbécile et noir frappe à tâtons. Rien de divin ne luit. Rien d'humain ne surnage.  

à la nuit tombante L'Occident était blanc, l'Orient était noir ; Comme si quelque bras sorti des ossuaires Dressait un catafalque aux colonnes du soir, Et sur le firmament déployait deux suaires.  

LE VIEUX MONDE Ô flot, c'est bien. Descends maintenant. Il le faut. Jamais ton flux encor n'était monté si haut. Mais pourquoi donc es-tu si sombre et si farouche ? Pourquoi ton gouffre a-t-il un cri comme une bouche ? Pourquoi cette pluie âpre, et cette ombre, et ces bruits, Et ce vent noir soufflant…

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile, Berceuse du chaos où le néant oscille, Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons, Toute pleine du bruit furieux des clairons,  

Ah ! c'est un rêve ! non ! nous n'y consentons point. Dresse-toi, la colère au coeur, l'épée au poing, France ! prends ton bâton, prends ta fourche, ramasse Les pierres du chemin, debout, levée en masse ! France ! qu'est-ce que c'est que cette guerre-là ?  

Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable. Entend-il murmurer la forêt vénérable ? Regarde-t-il les fleurs ? regarde-t-il les cieux ? Il songe. La nature au front mystérieux Fait tout ce qu'elle peut pour apaiser les hommes ; Du coteau plein de vigne au verger plein de pommes

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ? – Oui. J'ai mis le feu là. – Mais c'est un crime inouï ! Crime commis par toi contre toi-même, infâme ! Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme ! C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !  

Vous eûtes donc hier un an, ma bien-aimée. Contente, vous jasez, comme, sous la ramée, Au fond du nid plus tiède ouvrant de vagues yeux, Les oiseaux nouveau-nés gazouillent, tout joyeux De sentir qu'il commence à leur pousser des plumes. Jeanne, ta bouche est rose ; et dans les gros volumes Dont les images font…

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