Poésie Théophile Gautier

Emaux et camées

Carmen est maigre – un trait de bistre Cerne son oeil de gitana ; Ses cheveux sont d'un noir sinistre ; Sa peau, le diable la tanna.

Une femme mystérieuse, Dont la beauté trouble mes sens, Se tient debout, silencieuse, Au bord des flots retentissants.

Le squelette était invisible, Au temps heureux de l'Art païen ; L'homme, sous la forme sensible, Content du beau, ne cherchait rien.

J'aime ton nom d'Apollonie, Echo grec du sacré vallon, Qui, dans sa robuste harmonie, Te baptise soeur d'Apollon.

Madrigal panthéiste Dans le fronton d'un temple antique, Deux blocs de marbre ont, trois mille ans, Sur le fond bleu du ciel attique Juxtaposé leurs rêves blancs ;

Que tu me plais dans cette robe Qui te déshabille si bien, Faisant jaillir ta gorge en globe, Montrant tout nu ton bras païen !

La comédie de la mort

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,
Un beau palmier, comme un panache vert,
Dresse sa tête, où le soir les colombes
Viennent nicher et se mettre à couvert.

Mais le matin elles quittent les branches ;
Comme un collier qui s’égrène, on les voit
S’éparpiller dans l’air bleu, toutes blanches,
Et se poser plus loin sur quelque toit.
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Une jeune chimère, aux lèvres de ma coupe,
Dans l’orgie, a donné le baiser le plus doux
Elle avait les yeux verts, et jusque sur sa croupe
Ondoyait en torrent l’or de ses cheveux roux.

Des ailes d’épervier tremblaient à son épaule
La voyant s’envoler je sautai sur ses reins ;
Et faisant jusqu’à moi ployer sou cou de saule,
J’enfonçai comme un peigne une main dans ses crins.
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