Poésie Paul Verlaine

Il pleut doucement sur la ville. (ARTHUR RIMBAUD) Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville, Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur ?

Le vent dans la plaine Suspend son haleine. (FAVART) C'est l'extase langoureuse, C'est la fatigue amoureuse, C'est tous les frissons des bois Parmi l'étreinte des brises, C'est, vers les ramures grises, Le choeur des petites voix.

Jadis et naguère

À Armand Silvestre

Un cachot. Une femme à genoux, en prière.
Une tête de mort est gisante par terre,
Et parle, d’un ton aigre et douloureux aussi.
D’une lampe au plafond tombe un rayon transi.
” Dame Reine,… – Encor toi, Satan ! – Madame Reine,…
– ” Ô Seigneur, faites mon oreille assez sereine
” Pour ouïr sans l’écouter ce que dit le Malin ! ”
– ” Ah ! ce fut un vaillant et galant châtelain
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À Catulle Mendès

La petite marquise Osine est toute belle,
Elle pourrait aller grossir la ribambelle
Des folles de Watteau sous leur chapeau de fleurs
Et de soleil, mais comme on dit, elle aime ailleurs
Parisienne en tout, spirituelle et bonne
Et mauvaise à ne rien redouter de personne,
Avec cet air mi-faux qui fait que l’on vous croit,

C’est un ange fait pour le monde qu’elle voit,
Un ange blond, et même on dit qu’il a des ailes.

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À François Coppée

Don Juan qui fut grand Seigneur en ce monde
Est aux enfers ainsi qu’un pauvre immonde
Pauvre, sans la barbe faite, et pouilleux,
Et si n’étaient la lueur de ses yeux
Et la beauté de sa maigre figure,
En le voyant ainsi quiconque jure
Qu’il est un gueux et non ce héros fier
Aux dames comme au poète si cher
Et dont l’auteur de ces humbles chroniques
Vous va parler sur des faits authentiques.
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À Stéphane Mallarmé

Il parle italien avec un accent russe.
Il dit : ” Chère, il serait précieux que je fusse
” Riche, et seul, tout demain et tout après-demain.
” Mais riche à paver d’or monnayé le chemin
” De l’Enfer, et si seul qu’il vous va falloir prendre
” Sur vous de m’oublier jusqu’à ne plus entendre
” Parler de moi sans vous dire de bonne foi :
” Qu’est-ce que ce monsieur Félice ? Il vend de quoi ? ”
Cela s’adresse à la plus blanche des comtesses.
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Sagesse

C’est la fête du blé, c’est la fête du pain
Aux chers lieux d’autrefois revus après ces choses !
Tout bruit, la nature et l’homme, dans un bain
De lumière si blanc que les ombres sont roses.

L’or des pailles s’effondre au vol siffleur des faux
Dont l’éclair plonge, et va luire, et se réverbère.
La plaine, tout au loin couverte de travaux,
Change de face à chaque instant, gaie et sévère.

Tout halète, tout n’est qu’effort et mouvement
Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres,

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Parisien mon frère à jamais étonné,
Montons sur la colline où le soleil est né
Si glorieux qu’il fait comprendre l’idolâtre,
Sous cette perspective, inconnue au théâtre,
D’arbres au vent et de poussière d’ombre et d’or.
Montons. Il fait si frais encor, montons encor.
Là ! nous voilà placés comme dans une ” loge
De face ” , et le décor vraiment tire un éloge.
La cathédrale énorme et le beffroi sans fin
Ces toits de tuile sous ces verdures, le vain

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