Poésie Paul Eluard

Le désespoir
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Nudité de la vérité
«Je le sais bien»

Le désespoir n’a pas d’ailes,
L’amour non plus,
Pas de visage,

Ne parlent pas,
Je ne bouge pas,
Je ne les regarde pas,
Je ne leur parle pas
Mais je suis bien aussi vivant que mon amour
[et que mon désespoir.]

 

Capitale de la douleur
Paul Éluard

La confiance
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Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit

Pour les mains familières
Pour l’oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.

 

L’amour la poésie

Paul Éluard

Poésie Paul Eluard > La vie immédiate > Yves Tanguy
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Un soir tous les soirs et ce soir comme les autres
Près de la nuit hermaphrodite
À croissance à peine retardée
Les lampes et leur venaison sont sacrifiées

Mais dans l’œil calciné des lynx et des hiboux
Le grand soleil interminable
Crève-cœur des saisons
Le corbeau familial
La puissance de voir que la terre environne.

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Capitale de la douleur

Voici les lieux charmants où mon âme ravie
Passait à contempler Silvie
Les tranquilles moments si doucement perdus.
Que je l’aimais alors ! Que je la trouvais belle !
Mon coeur, vous soupirez au nom de l’Infidèle :
Avez-vous oublié que vous ne l’aimez plus ?

C’est ici que souvent, errant dans les prairies,
Ma main, des fleurs les plus chéries
Lui faisait des présents si tendrement reçus.
Que je l’aimais alors ! Que je la trouvais belle !

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Poésie Paul Eluard > La vie immédiate > Belle et ressemblante
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Un visage à la fin du jour
Un berceau dans les feuilles mortes du jour
Un bouquet de pluie nue

Tout soleil caché
Toute source des sources au fond de l’eau
Tout miroir des miroirs brisé
Un visage dans les balances du silence
Un caillou parmi d’autres cailloux
Pour les frondes des dernières lueurs du jour
Un visage semblable à tous les visages oubliés.

 

La vie immédiate

Paul Eluard

les yeux fertiles eluard
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Nous avons fait la nuit, je tiens ta main, je veille
Je te soutiens de toutes mes forces
Je grave sur un roc l’étoile de tes forces

Sillons profonds où la bonté de ton corps germera
Je me répète ta voix cachée, ta voix publique
Je ris encore de l’orgueilleuse
Que tu traites comme une mendiante
Des fous que tu respectes, des simples où tu te baignes
Et dans ma tête qui se met doucement d’accord avec
la tienne, avec la nuit
Je m’émerveille de l’inconnue que tu deviens
Une inconnue semblable à toi, semblable à tout ce que j’aime
Qui est toujours nouveau

 

Les yeux fertiles

Paul Éluard

poeme bonheur
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Sourire aux visiteurs
Qui sortent de leur cachette
Quand elle sort elle dort

Chaque jour plus matinale
Chaque saison plus nue
Plus fraîche

Pour suivre ses regards
Elle se balance.

(Dès, 1922)

 

Les yeux fertiles

Paul Éluard

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