Capitale de la douleur

PAUL ELUARD – Capitale de la douleur

Le désespoir
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Nudité de la vérité
«Je le sais bien»

Le désespoir n’a pas d’ailes,
L’amour non plus,
Pas de visage,

Ne parlent pas,
Je ne bouge pas,
Je ne les regarde pas,
Je ne leur parle pas
Mais je suis bien aussi vivant que mon amour
[et que mon désespoir.]

 

Capitale de la douleur
Paul Éluard

Voici les lieux charmants où mon âme ravie
Passait à contempler Silvie
Les tranquilles moments si doucement perdus.
Que je l’aimais alors ! Que je la trouvais belle !
Mon coeur, vous soupirez au nom de l’Infidèle :
Avez-vous oublié que vous ne l’aimez plus ?

C’est ici que souvent, errant dans les prairies,
Ma main, des fleurs les plus chéries
Lui faisait des présents si tendrement reçus.
Que je l’aimais alors ! Que je la trouvais belle !

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poème d amour
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Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

 

Capitale de la douleur
Paul Éluard

l amoureuse
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Pour l’éclat du jour des bonheurs en l’air
Pour vivre aisément des gôuts des couleurs
Pour se régaler des amours pour rire
Pour ouvrir les yeux au dernier instant
Elle a toutes les complaisances.

 

Capitale de la douleur

Paul Éluard

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La rivière que j’ai sous la langue,
L’eau qu’on n’imagine pas, mon petit bateau,
Et, les rideaux baissés, parlons à flots
Dans le vague. La parole roule et tangue
Au gré des vaguelettes, le murmure d’un ruisseau.
Sous la surface de l’eau la face cachée des mots
Casse et fâche à contre courant tout ce qui nage en haut.

 

Capitale de la douleur
Paul Éluard

poème de douleur
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J’ai la beauté facile et c’est heureux.
Je glisse sur les toits des vents
Je glisse sur le toit des mers
Je suis devenue sentimentale
Je ne connais plus le conducteur
Je ne bouge plus soie sur les glaces
Je suis malade fleurs et cailloux
J’aime le plus chinois aux nues
J’aime la plus nue aux écarts d’oiseau
Je suis vieille mais ici je suis belle
Et l’ombre qui descend des fenêtres profondes
Epargne chaque soir le coeur noir de mes yeux.

 

Capitale de la douleur
Paul Éluard

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