Poésie Nicolas Boileau

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Nicolas Boileau, encore appelé Boileau-Despréaux, de son surnom « législateur du Parnasse » est né le 1er novembre 1636 dans la ville de Paris. Il est mort le 13 mars 1711à l’âge de 74 ans. C’est un poète, également un écrivain, mais aussi un critique de la littérature française.

Sa famille

Nicolas Boileau fait partie d’une grande famille composée par une fraternité de 15 enfants, élevés par leur père. Ce dernier est greffier au sein du parlement. Nicolas passe une enfance avec une santé fragile. Il est opéré à onze ans de la taille. Il intègre le collège d’Harcourt, puis celui de Beauvais où il suit des études de droits. Dès lors, il voue une passion pour la poésie, notamment des œuvres antiques. Avec ses frères, il dépeint des origines nobles de sa famille. Toutefois, grâce aux recherches, il s’avère qu’aucune lignée dans la noblesse ne fait partie de ses ancêtres.

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Le lutrin

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Tandis que tout conspire à la guerre sacrée,
La Piété sincère, aux Alpes retirée,
Du fond de son désert entend les tristes cris,
De ses sujets cachés dans les murs de Paris.
Elle quitte à l’instant sa retraite divine
La Foi, d’un pas certain, devant elle chemine ;
L’Espérance au front gai l’appuie et la conduit ;
Et, la bourse à la main, la Charité la suit.
Vers Paris elle vole, et d’une audace sainte,
Vient aux pieds de Thémis proférer cette plainte :
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Le lutrin

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L’Aurore cependant, d’un juste effroi troublée,
Des chanoines levés voit la troupe assemblée,
Et contemple longtemps, avec des yeux confus,
Ces visages fleuris qu’elle n’a jamais vus.
Chez Sidrac aussitôt Brontin d’un pied fidèle
Du pupitre abattu va porter la nouvelle.
Le vieillard de ses soins bénit l’heureux succès,
Et sur le bois détruit bâtit mille procès.
L’espoir d’un doux tumulte échauffant son courage,
Il ne sent plus le poids ni les glaces de l’âge ;

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Le lutrin

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Les cloches, dans les airs, de leurs voix argentines,
Appelaient à grand bruit les chantres à matines ;
Quand leur chef, agité d’un sommeil effrayant,
Encor tout en sueur se réveille en criant.
Aux élans redoublés de sa voix douloureuse,
Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse ;
Le vigilant Girot court à lui le premier :
C’est d’un maître si saint le plus digne officier ;
La porte dans le choeur à sa garde est commise :
Valet souple au logis, fier huissier à l’église.
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Le lutrin

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Mais la nuit aussitôt de ses ailes affreuses
Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses,
Revole vers Paris, et, hâtant son retour,
Déjà de Mont-Lhéri voit la fameuse tour.
Ses murs, dont le sommet se dérobe à la vue,
Sur la cime d’un roc s’allongent dans la nue,
Et présentant de loin leur objet ennuyeux,
Du passant qui le fuit semblent le suivre des yeux.

Mille oiseaux effrayants, mille corbeaux funèbres,
De ces murs désertés habitent les ténèbres.

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L'art poétique

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Dans Florence, jadis, vivait un médecin,
Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin.
Lui seul y fit longtemps la publique misère
Là, le fils orphelin lui redemande un père ;
Ici, le frère pleure un frère empoisonné.
L’un meurt vide de sang, l’autre plein de séné ;
Le rhume à son aspect se change en pleurésie,
Et, par lui, la migraine est bientôt frénésie.
Il quitte enfin la ville, en tous lieux détesté.
De tous ses amis morts un seul ami resté
Le mène en sa maison de superbe structure
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L'art poétique

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Il n’est point de serpent, ni de monstre odieux,
Qui, par l’art imité, ne puisse plaire aux yeux ;
D’un pinceau délicat l’artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Ainsi, pour nous charmer, la Tragédie en pleurs
D’OEdipe tout sanglant fit parler les douleurs,
D’Oreste parricide. exprima les alarmes,
Et, pour nous divertir, nous arracha des larmes.
Vous donc qui, d’un beau feu pour le théâtre épris,
Venez en vers pompeux y disputer le prix,

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Satires

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Au Lecteur

Voici enfin la satire qu’on me demande depuis si longtemps. Si
j’ai tant tardé à la mettre au jour, c’est que j’ai été bien aise
qu’elle ne parût qu’avec la nouvelle édition qu’on faisoit de mon
livre, où je voulais qu’elle fût insérée. Plusieurs de mes amis à qui
je l’ai lue, en ont parlé dans le monde avec de grands éloges, et ont
publié que c’était la meilleure de mes satires. Ils ne m’ont pas en
cela fait plaisir. Je connois le public. Je sais que naturellement il
se révolte contre ces louanges outrées qu’on donne aux ouvrages avant
qu’ils aient paru ; et que la plupart des lecteurs ne lisent ce qu’on
leur a élevé si haut, qu’avec un dessein formé de le rabaisser.
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Le lutrin

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Cependant cet oiseau qui prône les merveilles,
Ce monstre composé de bouches et d’oreilles,
Qui, sans cesse volant de climats en climats,
Dit partout ce qu’il sait et ce qu’il ne sait pas ;
La Renommée enfin, cette prompte courrière,
Va d’un mortel effroi glacer la perruquière ;
Lui dit que son époux, d’un faux zèle conduit,
Pour placer un lutrin doit veiller cette nuit.

A ce triste récit, tremblante, désolée,
Elle accourt, l’oeil en feu, la tête échevelée,
Et trop sûre d’un mal qu’on pense lui celer :
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Le lutrin

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(extrait)

Je chante les combats, et ce prélat terrible
Qui par ses longs travaux et sa force invincible,
Dans une illustre église exerçant son grand coeur,
Fit placer à la fin un lutrin dans le choeur.
C’est en vain que le chantre, abusant d’un faux titre,
Deux fois l’en fit ôter par les mains du chapitre :
Ce prélat, sur le banc de son rival altier
Deux fois le reportant, l’en couvrit tout entier.
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