Promenades et Intérieurs

Dans ces bals qu’en hiver les mères de famille Donnent à des bourgeois pour marier leur fille, En faisant circuler assez souvent, pas trop, Les petits-fours avec les verres de sirop, Presque toujours la plus jolie et la mieux mise, Celle qui plaît et montre une grâce permise,

De la rue on entend sa plaintive chanson. Pâle et rousse, le teint plein de taches de son, Elle coud, de profil, assise à sa fenêtre. Très sage et sachant bien qu’elle est laide peut-être, Elle a son dé d’argent pour unique bijou.

Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle. Le toit, les ornements de fer et la margelle Du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc, Sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc. Le grésil a figé la nature, et les branches

J’écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge. Toute petite, en noir, dans le grand fauteuil rouge, Tranquille auprès du feu, ma vieille mère est là ; Elle songe sans doute au mal qui m’exila Loin d’elle, l’autre hiver, mais sans trop d’épouvante,  

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