Toute la Flandre

Plages vides, avec toujours les mêmes flots Poussant les mêmes cris et les mêmes sanglots De l'un à l'autre bout des rivages de Flandre ; Dunes d'oyats aigus, monts de sable et de cendre, Pays hostile et dur et féroce souvent, Pays de lutte et de ferveur, pays de vent, Pays d'épreuve et d'angoisse, pays…

L'hiver, quand on fermait, A grand bruit lourd, les lourds volets, Et que la lampe s'allumait Dans la cuisine basse, Des pas se mettaient à sonner, des pas, des pas, Au long du mur, sur le trottoir d'en face.

" C'est aujourd'hui, Au cabaret du Jour et de la Nuit, Qu'on sacrera Maître et Seigneur des vrais fumeurs Celui Qui maintiendra Le plus longtemps,

La demoiselle en bandeaux noirs, Qui brode à l'aube et brode au soir, Toujours à la même fenêtre, Est assise derrière un écran vert Et regarde la rue et le temps gris d'hiver, De son fauteuil bourré de laine et de bien-être.

Lys tranquille, Lys douce et lente Dont le vent berce, aux bords, les herbes et les plantes, Vous entourez nos champs et nos hameaux, là-bas, De mille et mille méandres, Pour mieux tenir serrée, entre vos bras, La Flandre.

Les magasins de la Grand'Place Mirent leur deuil et leur passé, Et l'or de leur fronton usé, Dans les égouts qui les enlacent.

Et celui-ci puissant, compact, pâle et vermeil, Remue, en ses mains d'eau, du gel et du soleil ; Et celui-là étale, entre ses rives brunes, Un jardin sombre et clair pour les jeux de la lune ;

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