Poésie Auguste Barbier

Recueils de poèmes

Lambes et poèmes

  I. LA GUERRE   Mère ! Il était une ville fameuse : Avec le Hun, j’ai franchi ses détours, J’ai démoli son enceinte fumeuse, Sous le boulet j’ai fait crouler ses tours, J’ai promené mes chevaux par les rues, Et sous le fer de leurs rudes sabots J’ai labouré le corps des femmes nues…

I Allons, chauffeur, allons, du charbon, de la houille,         Du fer, du cuivre et de l’étain ; Allons, à large pelle, à grand bras plonge et fouille,         Nourris le brasier, vieux Vulcain ; Donne force pâture à ta grande fournaise,         Car, pour mettre ses dents en jeu, Pour tordre et dévorer le…

À M. A. Royer   I Lorsque la foi brûlante a déserté les âmes, Quand le pur aliment de toutes chastes flammes, Le nom puissant de Dieu des coeurs s'est effacé, Et quand le pied du vice a partout repassé, La vie à tous les dos est chose fatigante ; C'est une draperie, une robe…

  Comme un vent orageux, des bruits rauques et sourds Roulent soudainement de faubourgs en faubourgs ; Les portes des maisons, les fenêtres frémissent, Les marteaux sur le bronze à grands coups retentissent, La peur frappe partout, et les vieillards tremblants, Les femmes en désordre, et les petits enfants,

  I Un jour que de l’État le vaisseau séculaire, Fatigué trop longtemps du roulis populaire, Ouvert de toutes parts, à demi démâté, Sur une mer d’écueils, sous des cieux sans étoiles, Au vent de la terreur qui déchirait ses voiles, S’en allait échouer la jeune liberté ;

  I J’ai vu pendant trois jours, j’ai vu plein de colère Bondir et rebondir le lion populaire, Sur le pavé sonnant de la grande cité. Je l’ai vu tout d’abord, une balle au côté, Jetant à l’air ses crins et sa gueule vorace, Tordre à doubles replis les muscles de sa face ;

  I Oh ! Lorsqu’un lourd soleil chauffait les grandes dalles           Des ponts et de nos quais déserts, Que les cloches hurlaient, que la grêle des balles           Sifflait et pleuvait par les airs ; Que dans Paris entier, comme la mer qui monte,           Le peuple soulevé grondait,

On dira qu’à plaisir je m’allume la joue ; Que mon vers aime à vivre et ramper dans la boue ; Qu’imitant Diogène au cynique manteau, Devant tout monument je roule mon tonneau ; Que j’insulte aux grands noms, et que ma jeune plume Sur le peuple et les rois frappe avec amertume ;

  Toutes les muses glorieuses N'ont pas au front le calme et la sérénité, Et dans le choeur sacré de ces nobles chanteuses Plus d'une grande voix sonne avec âpreté. L'une épanche son âme en plaintes infernales, Par les bois, et les monts, et les flots voyageurs ; L'autre, frappant au seuil des demeures royales,…

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