Les Satires

  Un matin, dégoûté de la rime indocile, Dans un coin populeux de notre grande ville J’errais, quand tout à coup s’élève une rumeur. Un homme s’enfuyait en criant : au voleur ! Et désignait du doigt la route présumable Que dans son vif élan avait pris le coupable.

  Comme aux jours déclinants de l’empire de Rome, La mode est aujourd’hui de jouer au grand homme, De se donner, vivant, les airs d’un immortel Et d’avoir comme un saint sa niche et son autel. C’était peu d’accabler les journaux de réclames Et, par maints tours adroits, maintes secrètes trames, D’obtenir de la main…

  Autrefois, indigné de voir régner le mal, Avec l’iambe ardent j’essayai Juvénal, Et, le poignet armé d’une plume sévère, Aux noirs excès du temps je déclarai la guerre. Aujourd’hui, moins rigide et peut-être moins bon, Je satirise encor, mais sur un autre ton.

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