Les Satires

Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
O races de nos jours, ô peuples ahuris,
Désertez les lieux saints et les sentiers prescrits,
Et vous, sombres moellons des vieilles cathédrales,
Du haut des airs roulez dans la main des vandales !
Partout il sort de terre un nouveau monument
À la base profonde, au solide ciment,
Que les vents déchaînés, les flèches de la foudre,
Toute l’ire des cieux, ne sauraient mettre en poudre,
Un temple dont le marbre éclatant durera
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Quand la France, épuisée aux luttes de la guerre
Et cherchant dans la paix un repos salutaire,
Essuya son épée et la mit au fourreau,
Muses et liberté, magnifique troupeau,
Parurent à ses yeux, et leur splendeur divine
D’une nouvelle ardeur fit battre sa poitrine.
Alors si Lamartine, essayant son essor,
Montait à l’horizon, bel astre aux rayons d’or,
Comme aux feux du matin, toutes les jeunes âmes
Palpitaient et s’ouvraient aux doux jets de ses flammes.
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Mère d’Aristophane et du puissant Molière,
        Muse, pardonne si, ma main
S’élevant un moment jusqu’à ton front divin,
J’ai pris ton masque pourpre et m’en suis fait visière !
Pour gloser, badiner et railler par derrière
De façon à charmer notre pays malin,
Il faut beaucoup de verve, un esprit juste et fin<         Et surtout une voix légère.     Ai-je ce don, suis-je bien inspiré,

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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Cher lecteur ! Suis mes pas, entrons dans un ménage
Où, sous la cheminée, on bâcle un mariage ;
Prenons place au foyer et voyons un instant
Ce qu’on pense tout haut sur ce point important.
La maison est bourgeoise ou noble, peu importe :
Aujourd’hui qu’on n’a plus d’écussons à sa porte,
Que la fortune a mis son niveau sur les rangs,
Le langage et les mœurs ne sont point différents.
-Mon ami, dit la femme au père de famille,
Il est temps de songer à pourvoir notre fille.
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Il me souvient qu’un jour, aux plaines de l’Ombrie
Voyageant, suivant l’us de la vieille Italie,
Dans le carrosse lourd d’un lent vetturino,
Nous prîmes à mi-route un compagnon nouveau ;
On avait dépassé d’un mille ou deux Spolète,
Ville antique et sans peur, la seule qui tint tête
Au fameux Annibal. Notre homme dans son coin,
Après force saluts, s’assit, puis avec soin
Rangeant ses vêtements et fermant la paupière,
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Les vieux égyptiens vénéraient fort les morts ;
Ils avaient même l’art de soustraire les corps
Au travail dévorant de la faux de Saturne.
Ils ne les mettaient point en cendres, dans une urne,
Comme le pratiquaient les austères Romains ;
Mais, les débarrassant des organes humains
Corruptibles, de baume et de fins aromates
Ils les bourraient et, par ces choses délicates,
Dans le rose granit d’un monument sculpté
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Voulez-vous en voir un ? Tenez, voilà qu’il passe
Le nez haut et d’un air disant : faites-moi place ! –
Ce n’est plus, comme au temps du sombre roi Louis,
Un jeune homme à panache, aux talons enfouis
Dans de larges houzeaux doublés de brocatelle,
En pourpoint de velours, en collet de dentelle,
À rapière dressée en-dessous du manteau ;
Non, c’est moins tapageur, moins élégant, moins beau,
Mais non moins agaçant ; ce grand chercheur de noise
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

Arlequin et Pierrot se rencontrent au foyer :
Pierrot est seul sur un banc, abîmé dans ses
réflexions.
 

Arlequin.
Toujours triste, toujours soucieux, cher Pierrot,
Et toujours mécontent du monde comme un sot !
C’est un tort, un grand tort : il faut fuir la tristesse
Et faire de chaque heure une charmante ivresse.
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Ma femme, apportez-moi vite mon encrier
Et mes plumes, je veux coucher sur le papier
Le rêve éblouissant de grandeur et d’aisance
Que je viens tout d’un coup de faire pour la France
Ainsi que pour le monde !… assis au champ de Mars
Ce matin, je voyais sous nos fiers étendards
Manœuvrer bravement les fils de la patrie.
Cavaliers, fantassins, sur la terre pétrie
Avançaient, reculaient, piétinaient, galopaient,
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Les Satires / Poésie Auguste Barbier

 
Ami lecteur, voici ce que l’on m’a conté.
Fort étrange est le fait, plaisante l’aventure ;
Mais quel qu’en soit le fond, par Apollon, je jure
Que mon cerveau malin n’en a rien inventé.
« Mesdames et messieurs, attention, silence !
Notre colloque avec l’autre monde commence. »
Et, dans l’obscurité d’un demi-jour discret,
Tout autour d’une table, en un cercle muet
Groupés, les invités, fixes, bouche béante,
D’actes surnaturels demeurent en attente.
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