2 + 2 = 5

Ce que je vais vous conter là, mes bons petits lecteurs chéris, n’est peut-être pas d’une cocasserie excessive.

Qu’importe, si c’est une bonne action, et c’en est une !

Vous permettrez bien à l’étincelant humoriste que je suis de se taire un jour pour donner la parole à l’honnête homme dont il a la prétention de me doubler.

Ma nature frivole, et parfois facétieuse, m’a conduit à commettre un désastre irréparable peut-être.

Fasse le ciel que l’immense publicité donnée à ce récit en amortisse les déplorables effets !
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Un des phénomènes sociaux qui me consternent le plus par les temps troublés que nous traversons, c’est la disparition de ces belles manières qui firent longtemps à la France une réputation méritée.

Hélas ! en fait de talons rouges, il ne reste plus que ceux des garçons d’abattoir ! (Ça, j’ai la prétention que ce soit un mot, et un joli.)

Aussi fus-je délicieusement surpris, hier, me trouvant au Havre et lisant la chronique des tribunaux du Petit Havre, de découvrir une cause où les prévenus donnèrent à la magistrature et à la gendarmerie de notre pays l’exemple rare de la tenue parfaite et du mot choisi.

Ceux de mes lecteurs qui sont bien élevés (et ils le sont tous) seront enchantés de constater que la tradition des bonnes manières n’est pas tout à fait défunte en France.

Je ne change pas un mot au compte rendu si édifiant du Petit Havre:
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Eh ! non, je ne m’étais pas trompé ! C’était bien mon jeune ami Pierre et sa maman qui remontaient l’avenue de Wagram.

Pierre avait passé son bras dans le bras de sa mère, et il semblait, plutôt que son fils, être le petit amoureux de sa petite maman.

Il racontait sûrement une histoire très cocasse, car je les voyais rire tous les deux, tels de menus déments.

Je les rejoignis, et mon jeune ami Pierre voulut bien me mettre au courant.

Tu sais bien, la femme de chambre à maman. Elle s’appelle Laure.

J’ignorais ce détail.
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Comment, vous saluez ce type-là ? me demanda la personnage sérieux qui m’accompagnait.

Mais parfaitement ! Je salue ce type-là, qui est un de nos bons amis.

Eh bien ! vous n’avez pas la trouille !

(La trouille sera l’objet, sur l’instigation d’un de nos lecteurs, d’une prochaine causerie.)

La trouille ! Pourquoi aurais-je la trouille ? Ce type-là, comme vous traitez un peu dédaigneusement, est mon camarade Henry Bryois, que je connus au Quartier Latin, où nous faisions partie de la vacarmeuse jeunesse des Écoles, voilà une belle pièce de quinze ans.

Ce type-là, je vais vous dire qui c’est.
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Voilà environ quinze jours comme le temps passe, tout de même ! qui est-ce qui dirait qu’il y a déjà quinze jours j’eus l’occasion de passer une nuit à l’hôtel Terminus de Marseille.

Je serais désolé que les excellents tenanciers de cette maison perçussent, à travers les paroles que je vais dire, la moindre attitude agressive ou simplement querelleuse; mais je dois déclarer qu’en ce Terminus les appartements sont séparés les uns des autres par une substance qui trouverait beaucoup mieux son emploi dans la confection d’un parfait téléphone que dans celle d’une raisonnable cloison. J’ai vu, dans ma longue carrière d’ingénieur acousticien, bien des matières excellentes conductrices du son, mais jamais je n’en rencontrerai une seule comparable, même de loin, à celle dont sont pétris les murs de l’hôtel Terminus de Marseille.

Des fois, c’est gênant.

Des fois, c’est rigolo.
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Je venais de sortir de mon domicile et je flânais, le bas de mon pantalon relevé et l’esprit ailleurs.

À la hauteur de la rue Fromentin, je fis la rencontre d’un homme qui, très poliment, à mon aspect, leva son chapeau.

Cet homme, disons-le tout de suite pour ne pas éterniser un récit dénué d’intérêt, n’était autre qu’un nommé Benoît, le propre valet de chambre de M. Francisque Sarcey, l’esthète bien connu.

Avez-vous remarqué, astucieux lecteurs, et vous, lectrices qui la connaissez dans les coins, comme les méchantes idées vous arrivent avec la rapidité de l’éclair lancé d’une main sûre, alors que les bonnes semblent chevaucher des tortues, pour ne point dire des écrevisses ?

L’idée que me suggéra la rencontre de Benoît m’advint aussi vite que le coup de foudre professionnel le mieux entraîné.
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L’accueil que me réservait le Captain Cap fut totalement dénué, comment dirai-je ? d’expansion. (Attribuez ce fait à un récent malentendu.)

Mais l’âme de Cap est une grande âme, et Cap, sur ma mine déconfite, sur mon visible chagrin, ne crut pas devoir maintenir la basse température de son accueil.

Au contraire même, et soudain, je le vis bondir sur la plate-forme de la cordialité.

Qu’est-ce que vous prenez, Allais ?
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Je vais raconter les faits simplement; la moralité s’en dégagera d’elle-même.

C’était pas plus tard qu’hier (je ne suis pas, moi, comme mon vieil ami Odon G. de M. dont les plus récentes anecdotes remontent à la fin du treizième siècle).

C’était pas plus tard qu’hier.

J’avais passé toute la journée au polygone de Fontainebleau où j’assistais aux expériences du nouveau canon de siège en osier, beaucoup plus léger que celui employé jusqu’à présent en bronze ou en acier et tout aussi profitable, comme dirait mon vieux camarade le général Poilu de Sainte-Bellone.
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Mon jeune et intelligent directeur me remet, ou plutôt me fait remettre par un de ses grooms car nous sommes en froid depuis quelque temps (histoire de femmes) la lettre suivante que je publie presque intégralement, non pas tant pour l’intérêt qu’elle comporte que pour la petite peine qu’elle m’évite d’imaginer et d’écrire une vague futilité analogue ou autre.

Tout ce qui touche à la langue française, d’ailleurs, ne me saurait demeurer indifférent. Mes lecteurs, mes bons petits lecteurs chéris, le savent bien, car pas un jour ne se passe sans que je sois consulté sur quelque philologique embarras, ou invité à consacrer de ma haute sanction telle nouvelle formule.

D’autres se montreraient orgueilleux d’une semblable renommée; moi, je n’en suis pas plus fier !

Une lettre très gentille, entre autres, reçue dernièrement, me disait en substance:
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Je reçois d’un jeune homme qui signe Foc et qui si mes pronostics sont exacts doit être l’un des patrons de la célèbre maison Lou, Foc et Cie, une sorte de petit conte fort instructif et pas plus bête que les histoires à dormir debout qui relèvent de ma coutumière industrie.

Alors, moi malin, que fais-je ? Je publie le petit conte du jeune Foc et, pendant ce temps-là, je vais fumer une cigarette sur le balcon.

La parole est à vous, jeune homme:

UN REMÈDE ANODIN

I

Hercule Cassoulade, voyez-vous, c’était un mâle.
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