Poésie Alphonse Allais

Recueils de poèmes

Alphonse Allais
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Né le 20 octobre 1854 à Honfleur, Alphonse Allais est un humoriste, journaliste et écrivain français. Vivant dans une famille appartenant à la classe moyenne de l’époque, cet homme de lettres est venu, après l’obtention de son baccalauréat, dans l’intention de continuer ses études en pharmacie à Paris. Mais il n’ira dans aucune école et son père décidera alors de ne plus lui envoyer de l’argent.

Il se doit ainsi de travailler pour subvenir à ses propres besoins  et commença dans le domaine de la photographie, en vain. Il s’essaye au journalisme et publie des chroniques drôles dans des journaux de la capitale française. Il décida ensuite de reprendre ses études de pharmacien et obtient son diplôme en 1880.

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2 + 2 = 5

Personnages

Magnum, jeune chien, tout petit, tout petit, mais excessivement roublard et teigne.

Black, gros terre-neuve entre deux âges, pas très malin, mais excellent bougre.

Rose Sweet, acariâtre et sèche vieille lady, propriétaire d’un petit cottage à louer (to let).

I. Dans un moment d’oubli, le jeune chien Magnum souille la porte du cottage de Rose Sweet.

II. Cette dernière, qui précisément revient du marché, châtie le petit coupable d’une main osseuse et excessive.
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2 + 2 = 5

… Au restaurant de la gare, où je dîne avant de prendre le train, à la table tout près de moi se trouve un petit ménage d’amoureux, fraîchement conjoint, sans doute, extrêmement réjouissant.

Surtout la petite femme, qui est drôle !

— Oh ! regarde donc ce brave homme ! La bonne tête qu’il a ! Parle-lui, il doit être rigolo.

Le brave homme ainsi désigné jouit effectivement d’une bonne tête. La face cramoisie avec, tout blancs, ses cheveux et ses favoris. Une tomate sur laquelle il aurait neigé, comme disait je ne sais plus qui à propos de je ne sais plus quel autre. Sur sa tête, une casquette qui porte ce mot: Interprète.

Docile, le jeune homme obéit à sa petite compagne:
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2 + 2 = 5

Dimanche dernier, aux courses d’Auteuil, je fis la rencontre du Captain Cap et je ressentis, de cette circonstance, une joie d’autant plus vive que je croyais, pour le moment, notre sympathique navigateur en rade de Bilbao.

La journée de dimanche dernier n’est pas tellement effondrée dans les abîmes de l’Histoire qu’on ne puisse se rappeler l’abominable temps qui sévissait alors.

Mouillé pour mouillé, conclut Cap après les salutations d’usage, j’aimerais mieux me mouiller au sein de l’Australian Wine Store de l’avenue d’Eylau. Est-ce point votre avis ?

J’abonde dans votre sens, Captain.
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2 + 2 = 5

Dans l’hôtel, fort confortable d’ailleurs, où je vis depuis plus d’un mois, s’épanouit si j’en excepte une rare pincée de braves gens très gentils toute une potée de muffs ineffables et de bourgeois sans bornes.

Oh ! ces têtes ! Oh ! ces conversations ! Leur idéal d’art se satisfait aux tableaux du fécal Bonnat et de Bouguereau, spécialiste en baudruches rosâtres.

Leur soif de justice sociale s’étanche aux idées ( !) de Deschanel ou de Leroy-Beaulieu, si tant est qu’ils connaissent seulement de nom ces veules sociologues comiques à force d’inconscience.

Et dévots, avec ça ! Dévots d’un cagotisme à faire vomir Huysmans !
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2 + 2 = 5

Bien que l’heure ne fût pas, à vrai dire, encore très avancée, une soif énorme étreignait les gorges du Captain Cap et de moi (triste conséquence, sans doute, des débauches de la veille.)

D’un commun accord, nous eûmes vite défourché notre tandem, cependant que notre regard explorait l’horizon.

Précisément, un grand café très chic, ou d’aspect tel, se présenta.

Malgré l’apparence fâcheusement heuropéenne (l’h est aspiré) de l’endroit, tout de même nous voulûmes bien boire là.
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2 + 2 = 5

Est-ce que là, franchement ! ça ne vous ennuierait pas trop que je vous conte mon après-midi de dimanche dernier ?

Au contraire ! vous récriez-vous gentiment.

Je ne vois, dans votre charmante protestation, qu’une aimable courtoisie; je semble la tenir pour argent comptant… et je marche.

Le matin, j’avais reçu un mot d’une préalable petite bonne amie à moi, désormais en province, épisodiquement à Paris, et pour laquelle je conservais je ne sais quelle tendresse inaltérable. (Inaltérable est excessif, on le verra tout à l’heure.).
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2 + 2 = 5

Votre lettre, cher monsieur, m’a touché aux larmes, dirais-je, si je ne craignais de me faire railler par mes sceptiques lecteurs et mes gausseuses lectrices.

Et puis, je mentirais en parlant de mes larmes. Votre lettre m’a fait plaisir, bien plaisir, et c’est encore très gentil.

Vous avez la bonté de vous informer de mes travaux, de mes amours, de mes espoirs.

Les Confessions d’un enfant du cycle vont-elles bientôt paraître ? demandez-vous.

Et ma fameuse Légende des cycles, à quand sa mise en vente ? Entre parenthèses, j’ai ajouté à cette publication le sous-titre suivant, à la portée des plus humbles méninges: ou le Vélo à travers les âges.
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2 + 2 = 5

Il me faut encore revenir une fois sur cette étrange question des plantes qui marchent, question magistralement soulevée par notre ami Octave Mirbeau et brillamment poursuivie par celui qui écrit ces lignes.

Les chroniques que j’ai consacrées à ce phénomène et à la xylose de la gueule-de-loup m’ont valu un monstrueux courrier.

C’est à qui me signalera, dans cet ordre d’idées, des observations plus ou moins bizarres.

Impossible, à moins de transformer ce volume en un massif in-folio, de parler de chacune de ces communications.
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2 + 2 = 5

Si l’heure sonne, à jamais bénie, de la revanche; si, quelque jour, ceux de France volent vers l’Est à l’espoir de reconquérir les chères sœurs perdues (N’y pensons jamais, parlons-en toujours ! a dit Gambetta !); si… (pour la suite, voir les œuvres de Déroulède, première manière).

Si donc pour me résumer on déclare un jour la guerre à une grande nation voisine, qu’il me paraît superflu de désigner plus clairement, certes oh ! que certes ! je ferai mon devoir de patrouillote, mais je demanderai à le faire au sein du douzième corps d’armée, commandée par mon vieux camarade le général Poilloüe de Saint-Mars, un vaillant guerrier, qui joint à sa loyale épée un joli bout de plume.

Un de mes lecteurs m’adresse un journal de Limoges où s’étale une merveilleuse instruction de ce général en chef sur le tir.

Rien ne saurait m’étonner du général de Saint-Mars. Est-ce pas lui qui l’année dernière commençait une circulaire par cette phrase prestigieuse et non dénuée d’imprévu:
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2 + 2 = 5

J’ai raconté, dans le temps, — le souvenir n’en est-il pas encore tout frissonnant au cœur de tous ? — l’histoire de mon ami, ce peintre qui ne voulait pas boire du vin rouge en mangeant des œufs brouillés, parce que ça lui faisait un sale ton dans l’estomac.

Le même, mettant à la poste une grosse lettre suffisamment et polychromiquement affranchie, ajoutait un superflu timbre de quinze centimes pour faire un rappel de bleu.

Le brave garçon !

Je l’ai revu l’autre jour, j’ai dîné avec lui en compagnie d’une jolie petite bonne amie qu’il détient depuis quelques jours, une drôle de mignonne et menue femmelette qui l’adore.

J’ai pu constater qu’il est toujours dévoré par la folie du ton.
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