Poésies Rémy Belleau

Auteurs écrivains 16ème siècle / Biographie

Né vers l’année 1528 dans une commune de la région Centre-Val de Loire, appelée Nogent-le-Rotrou, Rémy Belleau décède dans la capitale française le 6 mars 1577. Poète accompli pendant son siècle, il intègre la Pléiade et se lie d’amitié avec les six autres auteurs de poésies qui composent le groupe. Il compte parmi ses meilleurs amis des noms célèbres tels que Pierre de Ronsard et Joachim de Bellay. Lire la suite...

La Muse Chrétienne

Mon haleine est devenue
Si courte et si corrompue,
Et la fin me presse tant,
Que je ne vois plus que l’ombre
Et la fosse noire et sombre
D’un sépulcre qui m’attend.
Les voisins qui m’accompaignent,
Ce sont ceux qui me dédaignent,
Et tous se moquent de moi :
Mon œil tout honteux s’abaisse,
Et demeure en la détresse,
Seigneur, que d’eux je reçoi.
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Tes mains m’ont fait et repétri de chair,
Comme un potier qui de grâce gentille
Tourne en vaisseau une masse d’argille :
Puis tout soudain tu me fais trébucher.
Souvienne-toi avant que me damner
Que de limon et de bourbe fangeuse
Tu m’as formé, et qu’en terre poudreuse
Après ma mort me feras retourner.
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Les Pierres Précieuses

O que nous t’estimons heureuse,
Gentille Cygale amoureuse,
Car aussi tost que tu as beu
Dessus les arbrisseaux un peu
De la rosée, aussi contente
Qu’est une princesse puissante,
Tu fais de ta doucette vois
Tressaillir les monz et les bois.
Tout ce qu’aporte la campagne,
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Celuy n’est pas heureux qui n’a ce qu’il desire,
Mais bien-heureux celuy qui ne desire pas
Ce qu’il n’a point : l’un sert de gracieux appas
Pour le contentement et l’autre est un martyre.

Desirer est tourment qui bruslant nous altere
Et met en passion ; donc ne desirer rien
Hors de nostre pouvoir, vivre content du sien
Ores qu’il fust petit, c’est fortune prospere.
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A la France.

Oyseau qui de garde fidelle
Dessillé fais la sentinelle
Sous le silence de la nuit,
Réveillant d’une voix hardie
La troupe de somme engourdie
Et de paresse, à ton haut bruit.

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C’était une belle brune
Filant au clair de la lune,
Qui laissa choir son fuseau
Sur le bord d’une fontaine,
Mais courant après sa laine
Plongea la tête dans l’eau,

Et se noya la pauvrette
Car à sa voix trop faiblette
Nul son désastre sentit,
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La Bergerie

Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :

Gardez qu’Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n’evente ses chaleurs,
Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs,
D’un petit traict de feu ne vous les renouvelle.
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Embrasse-moi, mon coeur, baise-moi, je t’en prie,
Presse-moi, serre-moi ! À ce coup je me meurs !
Mais ne me laisse pas en ces douces chaleurs :
Car c’est à cette fois que je te perds, ma vie.

Mon ami, je me meurs et mon âme assouvie
D’amour, de passions, de plaisirs, de douceurs,
S’enfuit, se perd, s’écoule et va loger ailleurs,
Car ce baiser larron me l’a vraiment ravie.
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Ainsi, ma douce guerrière
Mon coeur, mon tout, ma lumière,
Vivons ensemble, vivons
Et suivons

Les doux sentiers de la jeunesse :
Aussi bien une vieillesse
Nous menace sur le port,
Qui, toute courbe et tremblante,
Nous entraîne chancelante
La maladie et la mort.

La bergerie
Rémy Belleau

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