Fables Jean de la Fontaine

Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

Tout est mystère dans l'amour,
Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance:
Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour
Que d'épuiser cette science.
Je ne prétends donc point tout expliquer ici:
Mon but est seulement de dire, à ma manière,
Comment l'aveugle que voici
(C'est un dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière,
Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien;
J'en fais juge un amant, et ne décide rien.
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

Aux traces de son sang, un vieux hôte des bois,
Renard fin, subtil et matois;
Blessé par des chasseurs, et tombé dans la fange,
Autrefois attira ce parasite ailé
Que nous avons mouche appelé.
Il accusait les dieux, et trouvait fort étrange
Que le sort à tel point le voulut affliger,
Et le fit aux mouches manger.
" Quoi! se jeter sur moi, sur moi le plus habile
De tous le hôtes des forêts!
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

Comme les dieux sont bons, ils veulent que les rois
Le soient aussi: c'est l'indulgence
Qui fait le plus beau de leurs droits,
Non les douceurs de la vengeance:
Prince, c'est votre avis. On sait que le courroux
S'éteint en votre coeur sitôt qu'on l'y voit naître.
Achille, qui du sien ne put se rendre maître,
Fut par là moins héros que vous.
Ce titre n'appartient qu'à ceux d'entre les hommes
Qui, comme en l'âge d'or, font cent biens ici-bas.
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie,
Différentes d'humeur, de langage et d'esprit,
Et d'habit,
Traversaient un bout de prairie.
Le hasard les assemble en un coin détourné.
L'agasse eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien dîné,
La rassure, et lui dit:" Allons de compagnie;
Si le maître des dieux assez souvent s'ennuie,
Lui qui gouverne l'univers,
J'en puis bien faire autant, moi qu'on sait qui le sers.
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

Les sages quelquefois, ainsi que l'écrevisse,
Marchent à reculons, tournent le dos au port.
C'est l'art des matelots: c'est aussi l'artifice
De ceux qui, pour couvrir quelque puissant effort,
Envisagent un point directement contraire,
Et font vers ce lieu-là courir leur adversaire.
Mon sujet est petit, cet accessoire est grand:
Je pourrais l'appliquer à certain conquérant
Qui tout seul déconcerte une ligue à cent têtes.
Ce qu'il n'entreprend pas, et ce qu'il entreprend,
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

D'où vient que personne en la vie
N'est satisfait de son état?
Tel voudrait bien être soldat
A qui le soldat porte envie.
Certain renard voulut, dit-on,
Se faire loup. Hé! qui peut dire
Que pour le métier de mouton
Jamais aucun loup ne soupire?
Ce qui m'étonne est qu'à huit ans
Un prince en fable ait mis la chose,
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

La discorde a toujours régné dans l'univers;
Notre monde en fournit mille exemples divers:
Chez nous cette déesse a plus d'un titulaire.
Commençons par les éléments:
Vous serez étonnés de voir qu'à tous moments
Ils seront appointés contraire.
Outre ces quatre potentats,
Combien d'êtres de tous états
Se font une guerre éternelle!
Autrefois un logis plein de chiens et de chats,
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

Le buisson, le canard et la chauve-souris,
Voyant tous trois qu'en leur pays
Ils faisaient petite fortune,
Vont trafiquer au loin, et font bourse commune.
Ils avaient des comptoirs, des facteurs, des agents
Non moins soigneux qu'intelligents,
Des registres exacts de mise et de recette.
Tout allait bien; quand leur emplette,
En passant par certains endroits,
Et de trajet très difficile,
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Fables Jean de la Fontaine / Les fables Livre 12

En plein pays de cerfs, un cerf tomba malade.
Incontinent maint camarade
Accourt à son grabat le voir, le secourir,
Le consoler du moins: multitude importune.
" Eh! messieurs, laissez-moi mourir:
Permettez qu'en forme commune
La Parque m'expédie; et finissez vos pleurs."
Point du tout: les consolateurs
De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent,
Quand il plut à Dieu s'en allèrent:
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