au cabaret-vert

(Publié le 18 mars 2006) (Mis à jour le: 23 septembre 2016)
, cinq heures du soir
Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
– Au Cabaret-Vert: je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.
Bienheureux, j’allongeai les jambes sous la table
Verte: je contemplai les sujets très naïfs

De la tapisserie. – Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,
– Celle-là, ce n’est pas un baiser qui l’épeure ! –


Rieuse, m’apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède dans un plat colorié,
Du jambon rose et blanc parfumé d’une gousse
D’ail, – et m’emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.
Octobre 1870

 

Un poème d’Arthur Rimbaud

au cabaret-vert Premières Poésies Poésies Arthur Rimbaud

 Poésies Arthur Rimbaud - Premières Poésies - au cabaret-vert -  , cinq heures du soir Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines



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